Alma, jeu de rôle narratif horrible et merveilleux – Partie du 17 avril 2018

Laurent étant de retour de vacances, nous allons pouvoir terminer de jouer la scène que son personnage, Rêve du Néant, avait entamée.
Oublions donc les PJ et leurs compagnons sur leur crête, épiant la base pirate et se demandant ce qu’ils vont faire dans cette galère.
Et retournons un peu en arrière…

Les PJ et leurs compagnons longent la côte de sable clair, ponctuée de cocotiers, bananiers, hibiscus en fleur, en quête de leurs amis disparus, et d’éventuelles populations pittoresques qui occuperaient l’île.
Si Bémol et Sable Argent font un excellent travail d’enquêteurs touristiques, testant les criques, les fruits locaux, la capacité de la mer à permettre la matérialisation de poissons et fruits de mer savoureux.

Rêve du Néant, pour sa part, balaie le paysage en quête de traces de vie intelligente, évitant donc ses compagnons. Et prêtant même attention aux pentes qui s’élèvent vers l’intérieur de l’île, nonobstant avec courage le fait qu’il faudrait grimper pour les explorer, un effort que ses amis, gavés de cocktails, trouveraient indécent.

Qu’importe, il a tout le temps de grimper pendant qu’ils babillent sur la plage.

Et la manière dont la pente s’élève lui évoque des terrasses délimitées de murs de pierre sèche.
Il s’y aventure, découvre, à la faveur de la lumière rasante, de curieux motifs dans le gazon, lui donnant une impression de mort, d’échec, d’amour vain. Il s’y engage, respectueux, funèbre, atteint une petite maison où il découvre les corps de deux vieillard, morts enlacés, et paraissant de sinistres berceaux du vide.

Vide, c’est à voir. Rêve du Néant est exorciste. Et après une interaction fructueuse, durant laquelle il détermine que les deux morts auraient aimé engendrer une ribambelle d’enfants joyeux,
il se concentre sur des notions de fécondité, et appelle à lui uriën, la force de vie, en bon guérisseur qu’il est.

Passons les détails : quand il revient vers ses camarades, il est possédé par un adorable couple de fantômes, dont la présence, hélas, le rend stérile. Ses invités lui font leurs excuses les plus sincères, et entreprennent de se glisser dans les esprits des autres personnes présentes, pour voir si leur fécondité résistera mieux. Une levée générale de boucliers psychiques les en empêche, et un retour à la courtoisie est décrété.

Les PJ et leur compagnons se consacrent alors à la tâche délicate de permettre à deux fantômes de créer une famille heureuse.
Ils dialoguent avec le couple, reconstituent leur étrange histoire familiale, et en viennent à soupçonner qu’ils seraient tous deux les réceptacles de forces obscures dont la combinaison en un unique individu aurait des conséquences néfastes. En ce sens, leur stérilité fut une bénédiction.

Mais est-il vraiment impossible de concilier le bonheur individuel et la sécurité planétaire ? Les PJ pourront sûrement concevoir une solution viable, en utilisant sagement leur instinct de survie qui leur permet de déterminer les risques qu’ils encourent à réaliser un projet.

Conclusion : les enfants ne peuvent pas être humains, mais des végétaux intelligents feraient l’affaire. Or les PJ viennent justement de visiter Halima, célèbre pour ses fruits sauteurs, de l’essaim de grain de sable balayant les rues aux pastèques bondissantes qu’il vaut mieux esquiver, sauf si l’on préfère se jucher sur elles pour suivre leur parcours en quête d’un lieu pour se semer.

Ils gagent que leurs talents de guérisseurs, de médecins, et l’imagination fertile de Si Bémol, sauront inventer des enfants parfaitement adaptés.
Avec finesse, ils aident le vieux couple à imaginer ses futurs enfants, leurs jolies écorces si vivement colorées, leurs formes rebondies, et leurs pérégrinations insouciantes dans la nature.

Il reste à Rêve du Néant de jouer la mère porteuse.
Sable Argent, dont l’amante est ovipare, lui propose bien de pondre; puisqu’il sait se changer en menhir, il suffirait de rajouter deux pattes pour qu’il fasse un manchot empereur correct. Et il sèmerait plein de petits œufs polychromes dans le gazon, dont écloraient des plantes.

Bien que l’idée d’adapter son corps à la ponte d’un œuf de pastèque soit un défi intéressant (même s’il préfère tenter d’abord le melon, voire la cerise, puis la mirabelle, et la pomme), Rêve du Néant n’a guère d’affinités pour les oiseaux.
Il consacre quelque temps à altérer sa nature, jusque-là très minérale,
afin de se rapprocher des arbres, ces formes de vie aussi fermes et dignes que lui, mais capables de former des fruits. Après tout, ils ont la mousse en commun, et puis, son régime alimentaire n’est-il pas constitué de racines assez fermes pour lui donner l’impression qu’il broie du roc ?

Ses compagnons lui creusent une fosse, dans laquelle il descend, puis se change en pierre ligneuse. Ils l’enterrent, et décorent ce qui sera à la fois sa tombe, et la chambre des petits, de fleurs. La mort, et la renaissance, seraient donc une question de choix sagace du compost ?
Ainsi enfoui, il prend son temps, étendant ses racines dans le sol, se liant aux flux d’uriën, puis infiltrant ses pousses à travers le sol, vers la lumière, où il les charge de fleurs, de fruits.  Il laisse les fantômes en lui choisir celui qu’ils préfèrent, car ils l’investiront avec toutes les petites graines qui donneront leurs enfants.

Il baigne tout entier dans la paix, et l’attente joyeuse, quand il remarque en lui deux zones d’ombre : tiens, oui, les deux puissances néfastes qu’il ne fallait pas combiner dans un seul être semblent très contrariées de finir leurs vies en légumes. C’est qu’elles avaient prévu de détruire le monde, elles. Déjà qu’elles viennent de passer plus d’un siècle à vieillir sur une île, puis à flotter dans une pénible inaction avec deux fantômes amoureux…

Pourquoi faut-il toujours que les PJ ne respectent que les désirs des gentils ? C’est de la discrimination, voilà ce que c’est.

Dans un souci louable de leur épargner une vie qui ne les séduit pas, et peut-être bien d’éviter qu’ils ne trouvent comment contrôler et corrompre la petite famille, Rêve du Néant accepte la proposition de l’un de ses dieux, Llagantis, Seigneur du Néant et Tisseur de Drames : lui confier l’une des forces, et offrir l’autre à son autre dieu, Graeyven, le Dieu de Bonté. Difficile de faire plus éloigné. Et si, vraiment, la volonté de se combiner des deux puissances parvient à rapprocher Llagantis et Graeyven… ils prieront Rêve du Néant de bénir leur union.
Et ils tordront le cou eux-mêmes aux projets des puissances, qui n’en sont vraiment pas en comparaison de la leur.

Ceci réglé, Rêve du Néant laisse sereinement les deux fantômes s’incarner dans leur fruit préféré, se détacher de la tige qui leur donna la vie, et s’éloigner de lui.

À l’extérieur, Sable Argent et Si Bémol, qui picolaient sur la plage, admirent la chute des arbres que fauche la pastèque sur son chemin. Elle absorbe à mesure leur uriën et leur matière, croissant, et dégageant une zone plus vaste.
Elle finit par exploser joyeusement, semant ses graines dans tout le périmètre, et elles germent, jaillissent, croissent, avec une vigueur que Si Bémol trouve bien normale : depuis quand faut-il attendre entre un désir et sa réalisation ?

Rêve du Néant, émergeant de la terre, considère pensivement les escargots à deux têtes qui terminent certaines branches, et se demande s’il n’aurait pas créé un monstre. Mais bah, cela semble un monstre heureux, et vu ce qu’ils ont déjà découvert sur cette île, ce sera assorti.

Les PJ peuvent donc poursuivre leur chemin, et se retrouver, quelque temps plus tard, sur une crête, à épier une base pirate, et à conclure qu’ils n’ont vraiment aucune affinité avec cette bande de grossiers personnages.

Tant mieux, s’il faut tous les tuer, ils n’auront pas de regrets. L’essentiel, dans la vie, c’est de toujours voir le bon côté des choses, non ?

 

Alma, jeu de rôle narratif horrible et merveilleux – Partie du 14 avril 2018

Le passé lointain, bien trop présent à mon goût…

Franchement, des fois, être un gentil, je me demande si c’est bien raisonnable. On se couche, après une dure journée, et soudain, au milieu de la nuit, on se réveille, avec cette maudite conviction qu’il nous reste le temps d’être indispensable. Reste à trouver où, et à qui.

Et le souvenir suivant ? Ah ça ! Tout nu, sur un plancher de bois qui avait au moins le mérite d’être neuf et propre. Accompagné de ceux des mes camarades qui s’étaient également éveillés, cette nuit-là.
J’étais bien mis pour admirer les formes de mes condisciples, et pour maudire, une fois de plus, la nécessité de rester chaste. Ou de perdre ma puissance. D’un autre côté, quelle puissance ?

Après ? Après on a enquêté, sauf la maniaque qui se préoccupait uniquement de voler les rideaux pour cacher ses formes.
Et on a découvert qu’on était supposés avoir détruit le village dans lequel nous nous trouvions, et sacrifié 90% de ses habitants pour des desseins, disons, très personnels, et très répréhensibles. Alors bien sûr, le ministère de la paix publique et le temple des Nuits Cendrées, qui réprime les activités surnaturelles illégales, nous recherchent.

Comme la compagnie de mercenaires installée au village.
Comme le magicien venu leur prêter main-forte.
Comme les survivants traumatisés.

Mais on s’en tire bien, hein, on est si doués en comédie.
On change de phase, hop, et voilà les garçons devenus filles, et vice-versa.
On s’invente des identités fictives, genre riches touristes de la haute, pour expliquer notre présence.
On se fait aider de Piquante Étreinte, une délicieuse courtisane en cours d’installation dans le village, qui nous prend en affection, nous offre des informations, et des habits charmants. Généreuse, fraîche, ouverte, toujours prête à papoter avec des nouvelles amies, le contact rêvé.

Bref, on commence à croire qu’on va s’en sortir. Puis on croise notre cher supérieur hiérarchique, l’admirable et vengeur Velours, qui nous dénonce publiquement. Ah, le coup de poignard du regard de ceux que nous avons abusés, et qui se croient trahis.
Ah, la montée soudaine d’agressivité, incontrôlable et meurtrière.

Ah, cette andouille de Montagne Naine qui tente de négocier, et s’y prend si bien qu’il massacre au passage quelques adversaires. Au moins, si certains avaient des doutes sur notre culpabilité, ils sont dissipés.

La prochaine fois qu’on est supposés détruire un village, pourrait-on penser à anéantir les fourches, les couteaux, les haches, et autres objets que je déteste savoir brandis dans le but de me trucider ?

Mais je n’ai pas le temps de plaider la méticulosité, car, profitant de la brèche ouverte involontairement par Montagne Naine, nous courons. Loin. Au point de quitter les lieux. D’échapper à nos poursuivants.

Et, sur la route, venant à notre rencontre, le carrosse envoyé par nos riches et puissantes familles. Avec nos serviteurs personnels, nos vêtements et mets préférés. La routine pour les privilégiés que nous sommes…

….HEIN ?!

Pas possible ! Ca, ce sont nos couvertures. Nous ne sommes que de modestes apprentis exorcistes, pas des rejetons de bonne famille. Alors, pourquoi ce carrosse ? Pourquoi sommes-nous reconnus par nos serviteurs ?

(…)

Beaucoup plus tard, les choses sont plus claires : un dieu mystérieux a Lissé la réalité, partiellement en notre faveur. Nous sommes bien riches et promis à un radieux avenir, mais dans une ville où la plupart de nos amis seront morts, condamnés pour des crimes qu’ils n’ont pas commis, et où nous serons soumis à l’influence croissante d’un dieu hostile.

Alors, nous luttons pour revenir à la version de la réalité que nous préférons. Aidés par tous ceux que nous pouvons convaincre, puisque les méthodes habituelles, mensonge, contrainte, semblent renforcer notre adversaire (ai-je dit que je déteste les monopoles ? Le temps de trouver qui nous affrontons, et je lui casserais bien quelque chose. Même si Casse-Noisettes, toujours prudent, préfère éviter les boss de fin tout en réglant subtilement les problèmes).

Les ennuis récents

En théorie, on y était presque. On avait convaincu de revenir à notre version de la réalité toutes les personnes assez volontaires pour que leur avis soit déterminant (les autres ? Ah, les autres suivent et n’en sont même pas conscients, comme toujours).

Et puis on avait découvert que Montagne Naine, devenu Bise Discrète, la plus paresseuse des filles de bonne famille, s’était surmenée, pour une fois, en important sans nous avertir Piquante Étreinte, la courtisane qui nous avait si gentiment aidés précédemment, et dont elle s’était éprise.
Elle lui avait offert quelques améliorations, la rendant encore plus sublime, et un palais splendide; elle était à présent courtisée par les plus riches et les plus puissants notables de la province. Le paradis, quoi. Et qui renoncerait au paradis ? Et en échange de quoi ?

Heureusement que certains d’entre nous travaillent pour le Dieu Bleu Ciel, qui veille à ce qu’amitiés et amours embellissent la vie des mortels.
Et heureusement que son avatar a provoqué un coup de foudre chez Piquante Étreinte, devenue subitement amoureusement coopérative.

Nous voilà donc en plein rituel avec notre adorable dieu, en train de renvoyer dans un village détruit une courtisane amoureuse.
Simple, agréable, élégant, plutôt bandant en fait.

Jusqu’à ce que ma camarade sociopathe, Masque Souriant, entreprenne de biaiser le rituel, exploitant l’état modifié de la ville pour contrôler le Dieu Bleu Ciel et l’utiliser pour anéantir des dieux qu’elle juge mauvais, quitte à le sacrifier au passage. C’est pour une bonne cause : la sienne.
Et si ça rate, et que le Dieu Bleu Ciel survit, elle a même une chance de s’en tirer, puisqu’il est gentil : il lui pardonnera. On devrait toujours utiliser un gentil pour taper sur un méchant.

Évidemment, cela pourrait être une machination des dieux hostiles pour se débarrasser du Dieu Bleu Ciel, qui les ennuie considérablement.
Mais depuis quand Masque Souriant pratique-t-elle la prudence, plutôt que l’opportunisme suicidaire ?

Fort heureusement, aussi machiavélique et bonne comédienne qu’elle soit, elle possède une personnalité dissociée, et dans son esprit, la résistance, tapie dans ses terriers et rejointe par un responsable de la sécurité paranoïaque, parvient à créer une première brèche dans ce plan génial.

Ainsi avertis du danger, nous faisons de notre mieux pour empêcher le désastre. Aidés par tout ce qui peut se déplacer, et trouver une bribe de raison pour nous assister. On dirait que le Dieu Bleu Ciel sait se faire des amis. Tant mieux, parce que lorsqu’il est sous forme de ciel furieux, traînant derrière lui des dieux instrumentalisés tout aussi contrariés que lui, et que le tout fond droit sur nous… j’aimerais être ailleurs. Et au lieu de cela, j’appelle mon propre dieu, que j’avais juré de ne plus fréquenter, et je tiens bon. Comme un c…, pardon, un héros.

Maintenant, j’attends de voir comment Masque Souriant va s’expliquer avec lui. Et avec Piquante Étreinte, puisqu’elle vient de massacrer son amoureux. D’accord, d’accord, il a ressuscité, mais quand même, ça fâche, ça choque, ça blesse, de voir un avatar si séduisant mis en lambeaux.

Je ne sais pas vous, mais moi, je trouve les ennuis d’autrui reposants, surtout quand je suis occupé à récupérer des miens, et qu’il reste justement quelques petits plats délicieux sur le buffet.

Alma, jeu de rôle narratif horrible et merveilleux – Partie du 10 avril 2018

Campagne 1 : une île de charme

Aperçu de la partie du 10 avril 2018

La vie est une alternance de hauts et de bas…

Le bas le plus mémorable : avoir la chance d’être un habitant d’Alma,
et voir son esprit happé et incarné dans un… Terrien. Si, si, ces créatures fragiles, qui ne meurent qu’une fois, et vivent dans une réalité tellement souriante qu’elles en sont réduites à inventer la fiction. Par exemple, le jeu de rôle.
Bon, l’avantage d’un rôliste, c’est que s’il est possédé par un esprit extraterrestre, il a une chance de ne pas se ruer à l’asile, ou à l’église pour un exorcisme (bien que certains l’aient fait. On les comprend. Ils étaient possédés par le perso d’un autre joueur 🙂

Un haut bien agréable : avoir réussi à quitter la Terre, et rejoint Alma. D’accord, en étant vérolé par les dieux. Oui, les Dieux Extérieurs, ceux qui tenter d’assujettir les mortels, et dévorer l’univers. Ceux qui créèrent la Terre, et en firent un Enfer avec quelques bons côtés, sans quoi il n’y aurait rien à gâcher, et ce serait moins pénible.

Donc pas moyen de rentrer directement à Inhisaya, la patrie chérie des joueurs (plus de détails sous : Alma – Livre du joueur)

Bonne nouvelle : cela permet de visiter Halima, la perle du sud, une île paradisiaque, aux habitants si compréhensifs qu’ils préfèrent aider des rescapés de l’enfer à se purifier, plutôt que des exécuter.

Certes, la purification est très incomplète, mais les équipes d’assistance cherchent des solutions, et les PJ ne sont plus en quarantaine.

Ils peuvent donc accepter l’invitation de leur courageux ami Finken, tombé amoureux fou d’Eliel,
à une croisière de fiançailles qui leur changera agréablement les idées.
Les voilà descendant un toboggan spiralé qui les éjecte en mer sous forme de poissons,
et leur permet de faire la course avec le bateau.
Les voilà faisant l’amour avec un équipage très obligeant dans des chambres parfaites ouvertes sur la mer radieuse.

Les voilà pris dans une tempête bien étrange, et luttant pour survivre alors que l’équipage n’est plus à bord.
Faut-il croire que certains habitants de Halima préfèrent noyer leurs invités encombrants ? Mystère.

Après un naufrage qui les laisse sans navire, les PJ se retrouvent sur une île paradisiaque.
Les uns se réveillent dans l’intimité d’un nid de plumes alimenté par un dodo géant. Les autres sont emmenés par une tribu de lémuzards désinhibés, et pourraient être secourus si leurs camarades ne préféraient pas s’envoyer en l’air avec de si charmants indigènes.

Pendant ce temps, les autres naufragés disparaissent, mais on ne peut pas être partout. On a dit PJ, pas dieu, et je goûterais bien le lémuzard suivant, il semble parfumé à la frangipane.

Voilà donc les PJ explorant l’île à la recherche de leurs compagnons,
et peut-être aussi de la meilleure plage, ou des fruits les plus délicieux.

Aux dernières nouvelles, ils font l’ascension d’une caldeira située près du rivage. Depuis la crête, ils discernent des bâtiments colorés, souvent approximatifs et au style très personnel, ainsi que des quais, de nombreux navires, et une issue vers la haute mer. Auraient-ils découvert la base des pirates dont ils ont déjà coulé un navire ? Et tous les équipages sont-ils aussi libidineux que celui dont ils ont décliné les propositions ?

Si Bémol, saisie d’un accès de féminisme, propose bien de laisser Bastien, leur aimable compagnon ramené de la Terre, démontrer une fois de plus ses talents en matière de destruction massive.
Mais Sable Argent apprécierait de trouver un navire pour quitter l’île,
et s’il doit monnayer les charmes de Si Bémol pour en obtenir un,
il compte faire de son mieux pour la motiver.

Dommage que Si Bémol, toujours aussi polymorphe, se soit métamorphosée en poulpe volant. Cela ne laisse que Toyana, petite, musclée, bronzée, charmante dans son petit ensemble très ajouré en macramé blanc. Mais toujours aussi susceptible de tabasser un prétendant jugé importun.

Allez donc sauver le monde, quand personne n’y met du sien !