Alma : le premier rôle dans votre procès, ça vous dit ?

Nébuleux Papillon vient d’échapper à ses gardiens, au vieux cochon qui voulait la déflorer, et aux projets sournois de sa famille. Mais où aller pour leur échapper ?
Première étape : hors de la capitale impériale. Car la sublime cité est certes un conservatoire millénaire des beautés de l’empire, mais également le lieu de la concurrence la plus féroce, et des mœurs les plus dévoyées, que peuvent s’autoriser les plus puissants.

La jeune fille se mêle à la foule des touristes qui déambulent le long du canal impérial, et s’éloigne vers le sud, à travers les paysages enchanteurs, les hauts lieux culturels, les marchands de souvenirs, de boissons, et de mets qui sentent délicieusement bon, et vers lesquels elle tend la main, avant que son sens du danger lui rappelle la triste réalité : sa famille, peu désireuse de lui fournir les moyens de s’échapper, ne lui a pas confié d’argent.

Qu’à cela ne tienne ! N’est-elle pas une flûtiste merveilleuse, une danseuse accomplie, et une fascinante beauté ? Elle s’installe donc au bord du chemin, et rehausse sa prestation en déployant son pouvoir de fascination.

Les autres joueurs improvisent donc un couple de voleurs itinérants, qui financent leur périple touristique en faisant les poches des autres visiteurs. D’ordinaire, c’est une tâche risquée. Mais la foule, fascinée par un spectacle hors de vue pour eux, devient une proie facile.
Le plus prudent des deux abandonne quelques poches pleines, et se retire, abandonnant sur place son collègue… comme d’habitude depuis quinze ans. Qu’importe, il ne va jamais bien loin, et son ami sait, sent, que son cœur s’attendrit, qu’il tient à lui en fait, qu’il ne le trahit que pour mieux jouir de leur réconciliation.
Puisqu’on vous le dit…

Son amoureux collègue, lui, ne peut résister au plaisir de faire les poches à des magistrats fascinés par la jeune danseuse.
Puis, quand l’inquiétude le gagne à son tour, il choisit de cacher son butin sur place.
Et quand le charme se rompt, il se joint à la foule qui se découvre dépouillée et clame son indignation ; ah, le plaisir de jouer l’honnête homme… et de voir la jeune danseuse accusée.

Pas faux d’ailleurs, elle fut leur complice après tout.

Nébuleux Papillon, se sachant innocente, accepte d’être fouillée par la magistrate, qui découvre dans ses poches ses propres bijoux. Ah, le culot de la jeunesse !
Ou l’innocence imbécile ?
Comme la jeune fille, une nouvelle fois, menace de semer le désordre en appelant les dieux à son aide, elle est assommée et soustraite à la foule qui la dépècerait bien pour se consoler de sa perte.
Elle reprend conscience dans la suite que les magistrats occupent à l’hôtel.

Les autres PJ jouent d’abord les retrouvailles des deux voleurs, le paiement de la part due aux voleurs locaux, et leur discussion sous les arbres, le long du canal. Il est doux de trinquer à la santé de la jeune andouille qui leur a facilité la vie !

Puis ils endossent la robe des magistrats, et Nébuleux Papillon, pour la première fois de son existence douillette, se retrouve confrontée au ministère de la paix publique.
Autant dire que l’audience se passe mal : elle fait une brillante démonstration de sociopathie, alternant larmes de crocodile, affirmation de son désir de se repentir, mensonge à magistrat, incapacité à comprendre ce qui lui est expliqué, inadaptation sociale, accusations d’assassinat vis-à-vis de son oncle et sa tante…

Et pour conclure, elle propose aux magistrats de se pencher sur son dossier avant de la juger.

La magistrate y consent bien volontiers, et découvre les liens de la jeune fille et avec les récents désordres à la capitale, et avec une famille de très riches marchands ayant égaré une pucelle en cours d’acheminement vers son promis.
Elle est très heureuse de n’avoir pas bradé sa prisonnière à un petit groupe de touristes désargentés ; il y a une fortune à se faire en organisant sa torture et son exécution à la capitale impériale ! Ou, bien entendu, à être dédommagé par sa famille pour le manque à gagner.

Pendant ce temps, les autres joueurs improvisent les gérants de l’auberge, bien ennuyés, car le congrès de voleurs de la capitale est supposé s’y tenir. Reste à négocier le déménagement des magistrats dans un autre établissement tout aussi charmant, mais n’ayant que des invités que la présence de juges indispose moins. Non que les voleurs ne soient pas des indics, mais tant qu’à aller en vacances, ils aimeraient bien ne pas voir les mêmes têtes, merci.

Nébuleux Papillon bénéficie donc d’un changement de point de vue depuis sa fenêtre, et tente de passer le temps sans se faire mal voir en infligeant une évasion ratée à ses hôtes.

Quelques jours plus tard, elle est reçue par les magistrats, qui lui annoncent une nouvelle. Bonne ou mauvaise, c’est à elle de voir, en fonction de son désir de suicide : son oncle et sa tante, dont elle a tant médit, ont payé une fortune pour dédommager les habitants de la capitale lésés par les désordres causés par leur nièce, et organiser des fêtes restaurant la joie de vivre. Son exécution n’est donc plus utile.

Ils ont également apaisé son fiancé, qui ne désire plus la voir.

Et, bien entendu, en gens qui savent vivre, ils ont payé les magistrats pour la prise en charge élégante et aimable de leur descendance.

Elle est donc libre… d’aller se faire pendre ailleurs, précise le plus prudent des magistrats, qui aurait adoré des vacances un peu moins occupées, même si un peu d’argent ne fait jamais de mal.

Elle peut donc recevoir la visite de l’envoyé de sa famille, qui lui transmet trois propositions, qu’elle accepte toutes :

  • une émancipation précoce, ce qui dispense ses parents de disposer d’elle, de négocier ses unions,
  • compte tenu de son absence de sens du commerce, le versement unique d’un montant sur son compte et la renonciation à tout autre héritage,
  • une dissociation d’avec sa famille, afin qu’elle soit seule responsable de ses actes.

Elle se sent libre, enfin, toute légère, et se réjouit d’arpenter à son gré les routes de l’empire, vivant de son art.

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