Alma – On ne naît pas tous dans des choux

Résumé de partie – février 2020

Les PJ doivent accueillir trois Chimères des Brumes choisies par les deux serpents capables de maîtriser le temps, afin de retrouver la trace du triplé de Sang Froid dans le passé.

Mais voilà, lesdites Chimères sont considérées comme des démons à abattre par au moins une société secrète. Il faudra donc être discret. La moins mauvaise option paraît de les faire venir à l’école, où leur sécurité, et celle de leurs hôtes, peuvent être assurées (malgré les moues dubitatives de Ruisseau Turquoise).

Il faudra juste (juste, qu’ils disaient…) isoler l’école de toute pression sociale, car les Chimères des Brumes y sont très vulnérables, et s’en protègent au besoin en drainant la vie de ceux qui les entourent, dans ce cas leurs hôtes.

Fort opportunément, Bleu Nuit a pour disciple Quarantaine, qui excelle dans la création d’enceintes de confinement qui permettent aux Chimères qu’il exorcise de déployer leur créativité sans endommager l’environnement ; il parvient même à changer l’énergie qui percute l’enceinte en effet visuels qui améliorent le spectacle.

Et même s’il attend impatiemment d’avoir fini de former ses successeurs afin de se lancer enfin dans une carrière d’exorciste à grand spectacle (avec admiratrices folles de lui reçues dans sa loge, de préférence), il a suffisamment apprécié son séjour chez Bleu Nuit pour lui rendre ce service, même franchement suicidaire.

Pendant qu’il travaille, les serpents rappellent que la pression sociale commence par le jugement d’autrui, la stigmatisation de la différence, et que les individus prompts à juger vont devoir faire un effort s’ils veulent demeurer dans l’enceinte. Par exemple, Sang Froid, Belle Envolée, et Nébuleux Papillon… et ceux qui, pour faire bonne figure, n’en pensent pas moins.

Les mages ritualistes, eux, créent un lieu d’accueil pour les Chimères des Brumes. Celles-ci paraissent avoir une affinité pour les arbres, de préférence grands, et elles résident en général dans les forêts, ou dans les lieux abandonnés des Manesh.

Il paraît plus sensé de créer un arbre qu’une ruine, d’autant que l’école compte au moins un excellent jardinier, Rincevent.
Plus deux élèves issus de familles travaillant le bois, Rondin étant le plus capable de copier n’importe quel arbre pour obtenir un fût utilisable. Car la Déesse, entre autres menues exigences, ne tolère pas qu’on coupe ses forêts.

Bleu Nuit en profite pour que chacun comprenne mieux l’antagonisme parfois meurtrier qui existe entre Chimères des Brumes et bûcherons, car celles-ci rendraient les arbres impossibles à copier, ce qui oblige soit à y renoncer, alors que certains sont uniques et précieux, soit à les couper en espérant qu’Alma ne jugera pas le méfait suffisamment grave pour être puni.
Petit bémol, les Chimères des Brumes, elles, tendent à massacrer les coupables, ou pire, à les faire muter, créant des démons.

Un petit malin signale que c’est plutôt une bonne nouvelle : s’il faut négocier un paiement, on pourra toujours leur livrer Rondin.
Celui-ci ne rejette pas complètement l’idée, dès lors que les trois Chimères pourront exposer une doléance qui le convainque que sa mort serait une compensation adéquate. Il n’est pas un voleur, lui.

Bleu Nuit rappelle que l’idée est de ramener un triplé sans sacrifier personne, surtout l’un de ses élèves ou amis.

Dans la cour se dresse à présent un arbre qui paraît millénaire, sa ramure si touffue que ses branches conçues avec soin sont invisibles. Ses feuilles bruissent doucement, son tronc est entouré d’un motif de papier complexe découpé et plissé selon les instructions des serpents.

Et comme personne n’est très rassuré, il semble que le rituel doive être amélioré encore un peu.

Certains se tournent alors vers Ruisseau Turquoise, puisqu’elle paraît connaître le sujet mieux que tout autre (et se taire plus efficacement que tout autre également).
Elle concède qu’elle pourrait donner un coup de pouce, mais elle n’exclut pas des effets secondaires.
Lesquels ? Imprévisibles.
Sur qui ? Sur tous ceux qu’elle mettrait dans sa charrette de chasseuse de primes si elle décidait de les troquer contre sa réintégration dans les troupes des profondeurs. Et elle les désigne avec une inquiétante précision.

Comme ils sont tous assez dévoués pour préférer se mettre en danger (et découvrir quelques effets secondaires qu’ils soupçonnent risqués, mais curieusement positifs), elle procède à une mystérieuse manipulation.

Bien des années plus tard, les PJ auront réalisé que leur peuple tout entier est soumis à un drain qui le maintient abaissé. Et Ruisseau Turquoise est capable de l’alléger localement.

Mais pour l’instant, ils sentent seulement un curieux fourmillement en eux, la présence d’une énergie inconnue, et pourtant familière ; comme un vieil ami oublié et redécouvert : eux-mêmes, non pas abaissés, écrasés, tronqués, mais pleinement déployés.

Ou pas, car ils ne reçoivent qu’un filet de ce qui devrait leur revenir.

Un filet, qui donne pourtant au serein Rêve du Néant l’impression qu’un geyser n’attend que de jaillir à travers lui.

Un filet, et Petite Brise vole à nouveau, quittant le sol dont elle a toujours ressenti l’attraction comme étant contre nature.

Un filet, et du sol autour de Bleu Nuit jaillissent des serpents immaculés qui tressent leurs queues pour créer un socle sous ses pieds, et dressent leurs corps pour déployer une aura derrière lui, et lutter pour regagner des couleurs.
Car l’exorciste n’est plus que l’estampe réduite à quelques couleurs du vivant enchantement qu’il fut en tant qu’enfant. N’était-il pas baptisé Arc-en-ciel ? Ne savait-il pas, intuitivement, accorder n’importe quel instrument ?

Un filet, et Rincevent se met à croître, perd sa jolie couleur de potiron, ses cheveux de tulipe flammée mauves et blancs (quand on vous dit qu’il aime jardiner), et adopte les traits d’un adulte célèbre dans tout l’empire, même s’il a quitté les terres après la Noce Divine : sa majesté l’Empereur d’Écume…

Tous ceux qui le reconnaissent ressentent aussi la nécessité de n’avoir l’air de rien, pour leur propre sécurité et celle de l’enfant. Cela ne suffirait pas à les sauver, mais le petit Rincevent, ou sa majesté impériale, possède un premier ministre fidèle et efficace, le Maître des Marées, dont l’attention a déjà été attirée par les menus bricolages généreux et suicidaires des PJ. Il vient tout récemment d’offrir une nouvelle vie à Rincevent, considérant que douze ans, c’est un peu jeune pour mourir ; alors, que dire de douze heures ?
Il intervient donc promptement.

Pour toutes les personnes présentes, les lieux perdent leurs couleurs, paraissent s’assombrir, comme une nuit impénétrable, celle des paupières à jamais closes.
La seule touche de couleur, le seul signe de mouvement, sont des flocons au mouvement impossible à suivre. Et dans leurs esprits incapables de penser, c’est l’équivalent d’un bruit blanc, la somme de tous les hurlements jamais émis dans l’empire. Un chaos sensoriel qui, loin d’attirer l’attention, paraît plutôt capable d’empêcher toute détection.

Le temps que le Maître des Marées requière l’intervention de deux puissances, l’Empereur d’Écume, et son épouse, la Reine Fleurie, pensée devenue une divinité tutélaire forestière depuis un millénaire.

Dans la province natale de Rincevent… qui est à nouveau un enfant dont les traits sont on ne peut moins proches de ceux de l’empereur.

Quant à son joueur, le voilà devant un nouveau mystère : qui est son personnage ? Et quelle est l’apparence réelle de Rincevent ? Le petit potiron est-il parasité par l’empereur, ou son apparence horticole n’est-elle qu’un habile camouflage ?

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