Alma – Du sang froid !

En ce beau mardi de septembre, nous accueillons un nouveau PJ, Sang Froid. Il nous arrive de la capitale impériale, où il vient de manquer se faire tuer, d’une manière qui résume bien sa vie : insatisfait, imprudent, grande gueule, et déjà bien imbibé, il insulte l’un de ces fils de bonne famille qui l’insupportent. Au pire, pense-t-il, cela fera l’une de ces bagarres titubantes dont il est coutumier.
Mais ce soir-là, ses adversaires le tabassent et le jettent dans le canal, afin que la noyade l’achève. Sa fin lui paraît certaine…

…mais il reprend conscience loin en aval, quand les eaux du canal devenu rivière l’échouent sur la berge. Il sait que quelque chose l’a protégé, mais qui, et pourquoi ? Mystère.
Surtout, il se sent différent : cette sensation étrange, ne serait-ce pas le don d’exorcisme, que sa sœur possède, et qui a fait d’elle une célébrité dans l’ombre de laquelle il n’a fait de s’aigrir ?

Il pourrait retourner dans sa famille et tenter de l’égaler, mais leurs rapports sont trop médiocres pour cela. Et il refuse d’étudier dans l’école dont elle sortit première ; il entend d’ici les “ah oui, tu es le frère de…” et sent peser tout le poids de la comparaison.

Mais il sait très bien qu’un don d’exorciste doit être éduqué, sous peine de lui pourrir la vie… bon d’accord, ce qui reste de sa vie.
Comment s’appelle le maître exorciste dont sa sœur méprise les méthodes éducatives ? Ah oui, Bleu Nuit. À… voyons… un bled en province… ah oui, Trois-Ponts. Pas la moindre idée de la direction, mais la capitale étant un haut lieu touristique, Sang Froid trouve sans peine des informations.

Et le chemin est on ne peut plus simple : tout droit, en suivant le canal impérial. Toujours plus loin dans la cambrousse.
Bonne nouvelle : les bouseux savent boire et chanter, et sont plutôt accueillants.
Mauvaise nouvelle : tous ses repères de citadin n’ayant jamais dépassé l’hypercentre de la capitale lui sont de moins en moins utiles…

Trois-Ponts, enfin. L’école de Bleu Nuit, enfin.
Juste après la porte d’entrée, le panneau où les résidents accrochent une petite plaquette quand ils sortent, afin qu’on les sache absents.
Sang Froid choisit un nom au hasard, ou presque : Bol de Soupe Réchauffé au Soleil du Matin, ça sonne bien, pour un blaireau. Avec un nom aussi couillon, ça doit être un gars plutôt obscur.
Quand un gamin de dix ans descend l’escalier, il lui demande où se trouve le bureau de Bleu Nuit.

Mais loin de lui répondre, l’enfant le considère, comme s’il jaugeait la gravité de son cas; de sa bouche un peu déformée, d’impressionnantes canines blanches dépassent, et un léger filet de bave s’écoule.
Fort aimablement, Sang Froid le lui signale (ou était-ce avec un rien de mépris ?) Qu’importe ! L’enfant lui répond tout aussi courtoisement que c’est normal, quand il se retient de manger quelqu’un.

Manger quelqu’un ??? Sang Froid commence à courir, mais pas assez vite. Et l’enfant, qui eût peut-être continué le dialogue, ne peut tolérer l’ajout d’un délit de fuite à un vol de plaquette d’identité, et entame la poursuite.
Sang Froid met à contribution ses talents de délinquant urbain, ce qui n’empêche pas l’enfant de lui sauter dessus depuis un toit et d’emporter une grande bouchée de cou, carotide incluse. Le jet de sang, éblouissant, est étonnamment bref, comme le hurlement de Sang Froid.
Il espère un instant que les habitants du quartier, attirés par le bruit, vont le sauver, mais, quand il empoigne une chaise pour espérer tenir l’enfant à distance, il se fait taper dessus pour vol par le propriétaire.

Et la poursuite reprend, si ce n’est qu’un citadin armé d’une chaise poursuit le voleur d’une autre chaise, et qu’un autre va jusqu’à porter l’enfant pour être sûr de rattraper Sang Froid.
Car voyez-vous, quand le petit mord quelqu’un, il ne laisse pas une plaie ouverte, mais transmute la chair et le sang en argent, qui peut être délicatement prélevé… et revendu… avec profit… et si l’on en veut plus, il n’y a qu’à écarter les lèvres de la plaie, qui saigneront encore…

Sang Froid étant un inconnu, le saigner pour s’enrichir serait parfaitement naturel, pour tout le monde, sauf lui.

La course à pied ne le sauvant pas, il trouve le courage de sauter dans le canal, malgré sa récente noyade, en espérant que l’enfant ne sait pas nager. En voyant ses poursuivants héler des barques, Sang Froid se résout à rendre la chaise, la plaquette et à confesser son délit, ce qui lui vaut la clémence de l’enfant, d’ailleurs plus préoccupé par le baratin du citadin qui tente d’amener Sang Froid à saigner encore un peu de métal précieux, sous prétexte que ses hurlements de dévoré vif l’ont traumatisé, ainsi que sa famille…

Décidément, conclut Sang Froid, tous les habitants de cette ville sont tarés. Il avait bien raison de ne jamais quitter l’hypercentre. Et il commence à se demander si sa sœur n’aurait pas eu raison.

Mais l’enfant, charmant, l’escorte jusqu’à l’école, où Sang Froid découvre que le petit Crocs d’Argent est parfaitement représentatif des disciples de Bleu Nuit. Compétent, autonome, libre de posséder son propre système de pensée et de valeurs tant qu’il ne lèse personne de précieux…
un intéressant compromis entre une sensibilité anarchiste, la nécessité de professionnalisme de la vie d’exorciste, et le besoin d’une insertion sociale réussie de la part de représentants de la paix publique.

Autrement dit, tout ce que Sang Froid n’est pas encore. Mais à quoi bon étudier si cela ne nous apprend rien ?
Il voudrait seulement qu’on respecte un peu son ego, et qu’on accepte de reconnaître qu’il est doué en bagarre. C’est pas sa faute si un abruti a lâché les fauves… d’accord… le fauve.
Et puis d’abord, la bagarre, c’est un sens large : il prend n’importe lequel de ses cadets en duel de cul sec, et il est sûr de gagner !

Puisqu’il vous le dit… mais arrêtez de rigoler, bande de mioches !
Ça ne vous suffit pas qu’en moins de deux heures avec vous, Sang Froid ait été mordu (c’était un délinquant), déstabilisé mentalement (il est coincé, le vieux !), drogué (ben il avait l’air stressé, je lui ai fait une tisane calmante), capturé par un dieu esthète et cruel qui l’a relâché après l’avoir enrichi des souvenirs de quelques damnés qui l’aident à relativiser ses propres expériences négatives tout en lui permettant de se suicider en se fracassant contre les murs du couloir… avec pour dernières paroles de son entourage : c’est pas grave, on nettoiera plus tard, là c’est un peu choquant pour les petits.

Et vous pensez que quelqu’un l’aurait plaint ? Lune Errante, le guérisseur, s’est contenté de le retaper et de lui signaler avec un bon sourire qu’il était plutôt du genre récidiviste, lui !

Un compliment, c’est si facile… et ça fait toujours plaisir !

Alma – résumé de la partie du 6.8.2019

Les personnage sont toujours en train d’explorer l’île sur laquelle un malencontreux naufrages les a échoués, interrompant une délicieuse croisière de fiançailles.

Interrompant, ou poursuivant harmonieusement ? Car l’île semble promouvoir la vie de couple et la parentalité. Les PJ, dispersés malgré eux dans des lieux paradisiaques, semblent manipulés afin de découvrir peu à peu le charme de leurs compagnons.

Et vu le groupe considéré, ce n’est pas une mince affaire. C’est bien beau de créer des PJ tarés, mais qui voudrait s’en encombrer ?
Des PNJ tarés, bien sûr, amoureusement créés par le MJ à cet effet.

Les PJ ont donc exploré l’île à la recherche de leurs compagnons disparus, découvrant au passage des civilisations plus ou moins séduisantes, de la communauté de gays excellant dans la confection de slips crochetés avec un merveilleux petit coton pastel, aux postières décidées à changer tous les hommes en femmes et à les inclure dans le service public, au sein duquel elles repousseront les frontières pour offrir aux peuplades lointaines les joies du courrier correctement affranchi.

En passant par les lémuzards aux mœurs très libérées (et qui comptent le vilebrequin au nombre des sextoys), ou des pirates recrutés parmi la lie des sociétés du monde environnant, et profitant de cette seconde chance pour créer une dystopie féroce.

Les PJ parcourent donc le rivage, exploitant au mieux les fruits tropicaux pour étendre leur gamme de cocktails.

Ils récupèrent tous leurs amis, y compris le gentil couple de fiancés qui bâtissait sa résidence, avec piscine, nursery, cascade, bar, et bungalows pour les amis.

Oh, ils seraient bien restés, s’ils n’étaient pas maudits par Ganneval, le dieu qui s’occupe de faire des liens sociaux une source inépuisable de maux. Ce bon vieux : l’enfer c’est les autres.
Et s’ils n’avaient pas la désagréable impression que tout enfant né d’eux ne ferait que matérialiser la puissance du dieu, avec des résultats déplorables pour les mortels.

Marrant quand même, ces gens qui refusent d’engendrer l’Antéchrist. Et après, on se demande pourquoi on se passe de l’avis des futurs parents.

Ayant ainsi temporairement renoncé aux charmes de la parentalité, les naufragés continuent leur quête du dernier d’entre eux, Kaven. Sans grand enthousiasme, il faut bien l’avouer, puisqu’il est le prétendant malheureux à la fiancée, oscillant entre rage meurtrière et profond chagrin.

Ils arrivent ainsi dans une crique dont la nature leur semble savamment aménagée pour le confort et l’agrément de créatures probablement beaucoup plus grandes qu’eux.

Ces cuvettes dans la roche, qui paraissent autant d’aquariums, leur évoquent des casseroles. La végétation elle-même paraît composée de plantes aromatiques, condimentaires, potagères. Pour tout dire, ne serait-ce pas le petit paradis du parfait cuisinier ?

Bien entendu, Kaven est dans l’une des cuvettes, conscient, occupé à cuire à petit feu, et il tente, toujours pudique, de camoufler sa nudité sous les rondelles de légumes flottant à la surface du bouillon.

Les PJ et leurs camarades entament un fascinant dialogue avec le désespéré, comblé que l’univers lui ait trouvé une ultime utilité, ravir les papilles de connaisseurs. Ils tentent de le convaincre de survivre, jouant sur sa solidarité, prétendant qu’il leur est indispensable, ce qui semble malheureusement exact.

Et dès lors que Kaven, la larme à l’oeil, songe à quitter le bouillon, les cuisiniers ressentent le risque d’échec de leur préparation, et se manifestent.
Les uns interrompent le vol silencieux avec lequel ils parcouraient le ciel, fondus dans son azur; les autres surgissent des flots, ou se dissocient des arbres de la forêt, des pentes de la montagne. Aussi diversement colorés qu’ils soient, et aussi différentes que soient les poses qu’ils adoptent pour se mettre en valeur, ils ont tous en commun d’être des dragons.

Et bien décidés à empêcher les PJ de saboter leur dernière invention culinaire…

One shot de Pavillon Noir : Pirates 1 – Espagnols 0

Mais grand vainqueur incontesté : l’océan. Un navire coulé, 505 corps à la mer, vifs et morts mêlés.

Et pendant que les poissons dévorent nos ex-compagnons et adversaires, nous découvrons avec ravissement notre première plage tropicale, les eaux turquoise et les noix de coco.
Saint-Malo paraît bien loin à présent, un souvenir d’une autre vie.

Une vie dans laquelle j’ai dû embarquer en toute hâte sur le Goéland, dont le capitaine ne posait guère de questions, trop pressé d’aller boire seul dans sa cabine, en bougonnant que de l’eau, y’en avait bien assez autour du bateau.  Sur le pont, comme du laisser-aller… mais bon, qui aime travailler ? C’est sûr, un bateau, ça demande de l’entretien, mais le moral aussi.

Faut bien profiter de la vie, surtout sur un truc qui peut couler.

À bord, j’ai rencontré Ernest, le pilote, une grande gueule toujours capable de couper la parole à son supérieur pour tenter de glisser son idée. Heureusement qu’en général, elles sont bonnes, sauf quand il pense vraiment trop vite pour prendre en compte les conséquences de ses actes. Au fond, le gros défaut d’Ernest, c’est que le monde devient un monologue. Pas idéal pour faire des rencontres. Mais bon, mon truc à moi, c’est les tirs au but, de préférence du gros calibre ; et quand je bichonne mes canons, je suis peinard avec mon équipe.

Il y avait aussi Louise, la vigie, un joli petit lot et un sacré argument de recrutement, même vue du pied du mât. Je pense que l’équipage détient le record du nombre de chiures de mouettes dans l’œil, mais Dieu, dans sa grande bonté, a veillé à ce que l’amour nous vaille toujours quelques emmerdes. J’en suis le premier convaincu.

On pourrait croire que des femmes, à bord, ça inviterait à la débauche, seulement Louise n’est pas seule, il y a aussi Anna, la chef calfateuse, capable de jeter n’importe qui par-dessus bord, et d’une seule main encore. À moins de vouloir finir le crâne défoncé ou les parties en bouillie, le respect le plus absolu est de mise.
Personnellement, je préfère la grâce à la graisse, donc je suis d’une courtoisie parfaite avec ce monument charnel (ou ce thon bipède ? Toutes les sirènes ne sont pas enchanteresses…).

Le reste de l’équipage était à l’avenant, compétent, mais pas trop, sérieux, mais pas trop.

Forcément, lors de la première grosse tempête tropicale, il fallut courir pour amarrer ce qui eût dû l’être. Quant à la chef calfateuse, elle avait fait de son mieux avec le matériel fourni, mais la cale prenait eau de toute part.

Alors vint l’énorme vague qui nous prit par derrière… pendant qu’Ernest s’intéressait plus à inventer des bons mots et à descendre sa gnôle malgré les secousses… bon c’est pas trop sa faute, ce gars n’est efficace que sous pression, et pour lui, c’était pas encore vraiment grave…

Je courus lui signaler le titan liquide ; Ernest réagit par une très belle manœuvre, et au lieu de fracasser la coque et de nous tuer tous, la vague se contenta de nous plonger la proue sous les flots en brisant un mât… (comment ça, la vague fait un critique ??? Eh oui, chacun ses armes. Si vous pensiez que les géants, c’était gros, essayez un océan, pour voir.)

Aucune chance de sauver le navire, mais s’il y avait bien une chose que nous avions entretenue, c’était la chaloupe. Restait à la rejoindre. Même en nous amarrant au mieux, seuls quinze d’entre nous l’atteignirent, sur les cent cinquante hommes d’équipage.

Nous flottions sur l’océan déchaîné, fouettés par la pluie, dans notre coque de noix ; seul Ernest affirmait qu’elle était bien plus facile à manœuvrer que notre Goéland, et que tout irait bien. La plupart des hommes, pourtant, demeuraient hébétés. J’en remotivai la majorité en donnant quelques ordres, car il fallait encore survivre à cette nuit, faire l’inventaire des ressources, en vivres comme en hommes. Chance : le second avait survécu. Malchance : il ne pensait qu’à se laver de toute responsabilité dans le naufrage et annonça vouloir faire porter le chapeau à Ernest. Comme ce dernier me paraissait plus utile à notre survie, un malheureux accident nous débarrassa du second. De dignes funérailles, assorties d’un hommage aux disparus du naufrage, nous permirent de tourner la page, et d’affirmer notre autorité.

Le matin venu, il pleuvait encore, et c’était tant mieux, nous récoltions autant d’eau douce que possible, ignorant combien de temps nous passerions en mer. Le soleil nous permit de nous orienter ; et nous commençâmes à croire que nous attendrions les îles Sous-le-Vent.
Notre vigie nous signala alors une goélette coursée par un galion. Les coups de canon échangés ne laissèrent aucun doute sur leurs rapports. L’absence de pavillon de la goélette non plus : des pirates.

Aucun d’entre nous ne désirait faire carrière dans la flibuste, mais le galion était espagnol, et nous français, ou pour le dire autrement : nos provisions seraient confisquées et nous serions coulés.

Tout bien considéré, la proposition de ralliement des pirates fut acceptée ; on ne peut reprocher à un honnête homme de conserver la vie que Dieu lui a prêtée.


Une fois à bord du pirate, chacun proposa ses services, et je fus accepté par la Torche, le maître canonnier, qui s’était visiblement flambé la figure. Je rejoignis les autres canonniers, car le galion devait perdre quelques mâts, et son équipage mourir déchiqueté sous la mitraille, si nous voulions espérer survivre aux Espagnols. La Torche se fit un plaisir de massacrer autant d’hommes que possible, changeant le pont en fugitives fontaines d’écarlate.
Quant à moi, je mis à bas les mâts les plus arrogants, et le galion se mit de côté, encaissant une bordée de nos canons.

Sur le pont, Ernest, Louise, et Anna se préparaient à leur premier abordage, cherchant des places à l’arrière qui leur permettraient de prendre exemple sur les pirates, on ne voudrait pas gêner la manœuvre… une fois le mouvement compris, Ernest fonça combattre, le sabre au poing et la dague entre les dents. Anna chargea également, ébranlant le pont de sa masse.
Si Ernest mit beaucoup de cœur à l’ouvrage, et acheva ses ennemis de son humour écrasant, il fut un peu dépité par la faiblesse de ses coups.
Anna, qui avait toujours su compléter efficacement le lest à fond de cale, démontra que s’il fallait traiter un adversaire comme un quartier de bœuf, elle savait y faire. Avec une prédilection pour la jambe, gauche exclusivement. On sentit chez Ernest une admiration pour sa camarade, et je me demandai un instant si le charme pouvait être une question de poids.

Quant à moi, la charge collective parmi les hurlements, sur un pont ensanglanté et semé de morceaux de cadavres, ne faisait naître nulle émulation en moi, mais je savais devoir me rendre utile pour espérer vivre parmi les pirates. J’observai les lieux, et réalisai que la dunette était surélevée. Je pouvais donc commander un peloton de mousquetaires et priver les Espagnols de tout officier sans risquer de toucher les pirates.
Louise, notre vigie, mit à profit son excellente vue, et quelques conseils de balistique, pour tuer le capitaine d’un coup au cœur. La salve suivante liquida les officiers. Laissés sans commandement, les Espagnols se rendirent, espérant en vain la grâce des pirates, qui investirent tous les recoins du galion et massacrèrent les survivants.

Je préférai demander à la Torche s’il pensait avoir l’usage du galion, auquel cas éteindre les feux et colmater les voies d’eau me paraissait urgent. Ernest, lui, préférait tenter de piller, en particulier les cabines des officiers.

Quand nous remontâmes sur le pont, assurés de ne pas couler, le capitaine pirate était en train de hurler, demandant qui avait tué son capitaine. Je retins un soupir : encore des histoires de préséances et de morceaux réservés, de duels entre égaux. Ces gens qui ne savent pas tuer efficacement sont pittoresques, mais compliqués. À voir la pétoche qui affligeait l’équipage, notre dernière heure pouvait bien être venue.

J’aurais pu laisser Louise assumer son acte, mais je suis un crétin responsable. Ou je ne suis pas assez intéressé par la vie pour laisser mourir autrui à ma place. Je répondis donc que j’avais donné l’ordre, et Louise, tiré au cœur, mais que sauf votre respect, capitaine, nous étions nouveaux et ne savions pas encore qu’il ne fallait pas le faire.

Le capitaine philosopha alors : qui est responsable, celui qui donne l’ordre, ou celui qui l’exécute ? Et il me demanda de trancher, ce qui équivalait à mourir ou à laisser mourir.

Enfin, sauf à sortir du cadre, et je décidai donc que c’était Dieu : s’il avait voulu que le capitaine espagnol survécût pour être tué en duel, Louise l’eût manqué.

Le capitaine nous préférant vivants, il accepta cet argument, et nous commençâmes notre carrière sous ses ordres. Il nous confia le galion. Comme j’avais une bonne idée de nos limites, je proposai de nous prêter également un capitaine, et il nous envoya Ben le Breton.

Ernest se proposa comme second, et ils se découvrirent des points communs, étant tous deux pilotes. Je n’appréciais guère l’idée d’obéir à Ernest, mais bah, j’étais devenu maître canonnier, et maîtriser mon art suffisamment pour mériter le titre, à mes yeux un peu critiques, suffirait à mon épanouissement professionnel.

Quant au reste… l’odeur du poisson grillé et des papayes mûres embaume la plage.
Je profite du vent du soir qui vient soulever ma toute nouvelle robe, faire tinter délicatement mes pendants d’oreilles, et donner aux longues boucles de ma chevelure un peu de mouvement. Car j’ai trouvé, dans la cale du galion, un plein coffre de vêtements confisqués aux pirates capturés. Et je vis enfin parmi des gens qui sauront tolérer ma petite préférence personnelle pour les habits féminins.

Pas comme mes parents, ces bourgeois coincés, et jamais d’accord, sauf sur un sujet : je n’aurais pas dû être surpris dans le lit familial, vêtu d’une robe de ma mère, et en compagnie de son amant. Non, je n’aurais pas dû, surtout que mon père ignorait l’existence dudit amant.

***

Encore un one shot qui ne se finira pas en un soir, et donc nous nous reverrons, tous les joueurs ayant apprécié cette première expérience au grand large !

Cherche joueurs pour Légende des Cinq Anneaux

Plus que dix jours avant la reprise de la campagne !

Nous cherchons des joueurs ou joueuses pour rejoindre un groupe de samouraïs où le roleplay est mis en avant, un groupe soudé, car les périls affrontés sont tels qu’une désunion serait fatale (= pas de pvp).
Si l’empire se déchire, si les complots et les assauts se multiplient, le groupe, lui, demeure uni, fidèle, indomptable, et prêt à donner sa vie pour protéger son pays.

Le jeu se base sur Legend of the Five Rings (Légende des Cinq Anneaux), mais s’en éloigne librement.
Les préférences des joueurs modèlent largement le déroulement de la campagne, selon leurs coups de cœur, leurs animosités, et leur compréhension progressive des mystères qui les entourent (comment ça, les archives ont brûlé avec la capitale précédente ?)

Or, de la connaissance, il en faut, car la compréhension des lieux, des gens, de l’ambiance, de la situation politique, déterminent l’issue des confrontations. Si les combats ne sont pas toujours évitables, la victoire dépend toujours d’une analyse stratégique, jamais de la force brute… les adversaires sont trop subtils pour cela.

Aussi le groupe peut-il comporter aussi bien des guerriers ardents et parfois réfléchis, des montagnes de muscles chargeant sans flancher les monstres les plus terrifiants, puis revenant chez eux sourire à leur premier enfant, que des sabreurs tout en finesse et en élégance, appréciant les arts et les jardins sereins.
Et des magiciens dont l’amour de l’expérimentation n’a d’égale que la mesure (ben voyons…), des moines cheminant sur la voie de l’Éveil (avec une vélocité parfois moindre que celle d’une tortue rhumatisante, mais après tout, l’âme est éternelle) que des magistrats enquêtant tout en finesse et en sagesse.

Le tout dans un univers où l’âme de chacun peut devenir une porte par laquelle les forces infernales déferlent parmi les vivants, dans un empire dont le sort détermine celui du monde entier, et dont le fonctionnement demeure mystérieux.


Ainsi, l’extrait de ce parchemin, intitulé : «Et un jour, je pris conscience», d’auteur et d’année de rédaction inconnue :


« L’empire est en deuil, la guerre des clans vient de se terminer et voilà qu’une nouvelle commence. Une génération de samouraïs est morte, et moi, je continue de vivre. Des amis, des enfants, des amours partent, et moi, je reste en vie. Je m’efforce d’effacer les erreurs, d’envoyer mes semblables aux quatre coins de l’empire, mais l’oubli me gagne, l’oubli gagne toujours.La pierre prend forme pendant que je deviens. La pierre prend vie pendant que je perds la mienne.Je suis un puits d’émotion se déversant tel un torrent, mais je perds ce que je suis. Je prends vie tandis que je meurs.L’éveil est proche, je le sens, encore un ou deux et je vivrais, je meurs, lui moi, rien n’a d’importance, seul l’éveil compte, seule la vie compte, seule la mort compte. Les noms meurent, mais moi, je n’oublie pas ma mission. »

Un fragment, un seul, du puzzle que le groupe réunit patiemment pour que ses actes permettent le meilleur et non le pire… mais sait-on vraiment ce qui les différencie ?


Quand : les samedis de 15h à 20h-21h. (3 samedis par mois)Où : Club des Gnomes Ludiques, 23A rue de Lausanne,1201 Genève, à deux pas de la gare Cornavin.
Détails sur : https://gnomes-ludiques.ch/locaux/
Joueurs : 6, 2 places restantes

Merci d’utiliser la page de contact du site si vous êtes intéressé !

Cherche joueurs pour Donjons et Dragons 5

Suite à une quête efficace dans les méandres du Net, le club a trouvé un maître de donjon de DD5 pour emmener un groupe de courageux aventuriers dans un univers fantastique riche en péripéties.

DD5 est l’édition la plus récente du célèbre jeu Donjons et Dragons, où des héros de divers peuples affrontent d’innombrables monstres.
Ils peuvent être des elfes gracieux et mystérieux, des nains robustes aux longues barbes, prêts à calmer les plaisantins d’un bon coup de marteau, des halfelins gourmands et joyeux, des demi-orcs fiers de leur teint verdâtre et de leurs magnifiques canines débordant un peu de leur bouche, ou bien d’autres encore.

Au fil des quêtes, ils deviennent plus puissants, et jouent un rôle de plus en plus important dans le monde, allant peut-être jusqu’à défier les dieux eux-mêmes…

Cette partie accueille aussi bien les joueurs confirmés que les débutants, car le système de jeu très facile à prendre en main convient parfaitement pour une initiation au jeu de rôle.

Où : au club des Gnomes Ludiques, 23A, rue de Lausanne, tout près de la gare Cornavin, donc proche de tous les TP.
Boissons fraîches et snacks à prix modérés sur place.
Quand : des one shots ou une campagne, le samedi après-midi, mais les soirs de semaine sont possible.
Organisateur : Gil Floris

Si vous êtes intéressé, utilisez le formulaire de contact du club.
Au plaisir de vous voir à nos tables !