Alma – campagne 2

Alma est un jeu narratif créé par Armand Gerfaut (qui anime la partie), durant lequel joueurs et animateur collaborent pour raconter l’évolution des personnages dans un monde de high fantasy horrible, merveilleux, et attachant qu’ils apprennent à connaître et à modifier.
Il met l’accent sur les interactions sociales avec des personnages hauts en couleur et la résolution collective de problèmes déroutants, qui vont de l’incident local à la politique planétaire.

Nouveaux joueurs toujours bienvenus (y compris débutants).

Pour plus de détails, consultez le livret d’introduction pour nouveaux joueurs (lien Dropbox, le fichier peut être téléchargé).

Merci de contacter le maître de jeu avant la partie, afin de savoir si elle a bien lieu !

Dr Who RPG – Le Moteur Spectral

Résumé-teaser de la partie du 25.01.2020.

Notre histoire débute dans un café de Camden, dans le nord de Londres. Nous sommes en été 2013 et Clara Oswald (une simple Terrienne), déguste un café-latte citrouille en terrasse, lorsqu’elle entend un bruit familier… celui du TARDIS ! Le vaisseau/machine à voyager dans le temps de son ami le Docteur !
Et le voici souriant face à elle : le 12e docteur en personne.

Les deux comparses se rendent vite compte que deux élèves de Clara sont portés disparus : Heather et Simon.
En laissant trainer leurs oreilles auprès des jeunes aux alentours, ils comprennent que Simon est passionné par les graffitis.
Après avoir écumé ses comptes sur les réseaux sociaux, ils découvrent le lieu où se rendait Simon : un ancien tunnel du quartier de Marnock où se trouve un superbe graffiti représentant un train à vapeur.

Ils aperçoivent Simon près d’une pièce de technologie qui semble non-humaine !
Le docteur l’active par erreur avec tournevis sonique et… oups Simon se volatilise !
Ils se rendent plus près de la pièce incrustée dans le mur qui semble être un déphaseur de technologie Médorine, une ancienne race de pacifistes.

Le docteur essaie de la scanner et l’active à nouveau, par erreur…
Nos héros sont transportés au même endroit, mais de nuit et en hiver…
Aucune trace du déphaseur ou du tag.
Ils voient arriver face à eux une petite fille en guenille qui vend des cigarettes… Après avoir essayé d’aider la pauvre orpheline sans grand succès avec des bâtons de poissons qui trainaient dans la veste du docteur, ils sont pris à partie et menacés par le « protecteur » des orphelins du quartier, Mr Rook.

La seconde partie de notre aventure débute en 1889 à Londres au quartier Général du « Paternoster Gang » composé de Madame Vastra, enquêtrice Silurienne de génie (une reptilienne, en gros), son épouse et assistante Jenny, une jeune humaine sans histoire (bien qu’un peu ninja sur les bords) et Strax, un clone de guerre Santorien, désormais valet et infirmier du gang.

L’inspecteur Pearl de Scotland Yard vient rendre visite en toute hâte au gang afin d’avoir de l’aide, car des corps atrocement mutilés ont été retrouvés près du chantier du chemin de fer « Le Grand Compas », propriété du mystérieux Sir Arnold Heath.
À son insu, l’inspecteur est suivi par une créature monstrueuse, mise en fuite par Strax et Madame Vastra.

Ils se rendent sur le site des disparitions, et tombent sur leurs vieux amis Clara et le Docteur menacés par un homme armé… ! Mais que font-ils là ??

***

Ceci correspond aux 20 premières minutes de la soirée. Vous voulez connaitre la suite ? Il suffit de contacter David afin d’organiser une partie !
Pour cela, utilisez le formulaire de contact du club :

Alma : Un Chat dans le cœur

Après consultation de toutes les personnes concernées, c’est décidé : Bleu Nuit réincarnera Nébuleux Papillon, et lui conférera un don d’exorciste, afin qu’elle puisse demeurer parmi ses élèves.
Certes, agir ainsi fait planer une sourde menace sur les personnes présentes à l’école, et probablement quelques autres en sus… car n’est-elle pas la lame qui fendit la réalité à la capitale, propageant un mal encore inconnu ?
Mais faut-il punir celle qui n’est qu’un instrument innocent ? Ou lui laisser une chance d’évoluer, d’identifier celui qui l’a dépouillée de son enfance pour la changer un fléau, et de s’en libérer ?

Et la résurrection commence. Alors que la morte se concentre sur l’apparence qu’elle désire assumer, celle d’une enfant de douze ans prête à se consacrer à ses études, les motifs du grand vase sur lequel elle flotte se mettent à luire doucement, se dissocient et se remodèlent, puis s’élèvent.
Les fleurs s’étirent, se nouent, commencent à reformer des organes internes.
Les pièces de faïence s’assemblent en un corps luisant, et le spectre lutte pour accepter son retour à la matérialité.

La fusion s’opère en douceur, la terre se fait chair souple et lisse, cheveux flottants et dents immaculées, et une magnifique enfant, revêtue d’un costume d’exorciste, lévite à présent dans la délicate lumière de la lanterne, qui s’est éclaircie et perdu tout caractère funèbre.

La gracieuse fillette descend peu à peu vers le sol, puis son mouvement se ralentit, paraît s’étirer… et elle remonte, son corps changeant pour devenir une femme épanouie, séduisante.
Il n’y a plus trace de maladresse et d’hostilité, uniquement la perfection et l’envie de s’offrir, une sensualité qui fait courir un feu ardent dans les veines des témoins, comme la séductrice se fait flots ruisselants et sillon igné qui ne demande qu’à être remonté pour la combler.

Bleu Nuit pique un fard, comme d’habitude, et recule en hâte, dressant des protections, car il n’a aucune envie de perdre sa chasteté et la puissance qu’elle lui accorde.
Sang Froid, lui, reconnaît que Nébuleux Papillon est soudain très à son goût, silencieuse, offerte, accueillante.

Mais elle paraît avoir oublié qu’elle le trouvait désirable, et semble entièrement livrée aux caresses d’un amant invisible si parfait que tout rival mortel est occulté.
Infini, chatoyant, capable d’accueillir sans être souillé tous les défauts, toutes les séquelles de la jeune fille, et la rendre à la merveilleuse vulnérabilité des mortels, leur admirable fragilité, et les richesses de leur vie fugitive. Déversant en elle tout le bonheur dont la vie l’a privée, et lui permettant de renaître pour jouir pleinement du monde.

Elle est étreinte par un dieu, secourable, sombre, sage…
…et identifié avec angoisse par les témoins de cette union : Çamdar, Seigneur de l’Illusion.
Présent dans tous les cœurs, porteur de l’espoir comme du désespoir, caressante voix de l’ombre douce, du réconfort ; les mains qui se posent sur les yeux, protégeant de l’insoutenable.
Ou le voile qui fait négliger la présence d’une falaise, et choir…

Pendant ce temps, Sang Froid est tombé sur le dos, et ne peut se relever, car un chat écrasant est couché sur sa poitrine.
Un chat au pelage d’un délicieux gris sourd, décoré de motifs pastel donnant l’impression saugrenue qu’on a mêlé de la décoration d’intérieur et une puissance incalculable.
Familier, et pourtant étranger.
Et le regard félin est d’un bleu trop vaste pour qu’être confiné dans deux prunelles ne soit pas un vertigineux paradoxe.

Le jeune homme comprend assez vite qu’il ne se relèvera pas, que le temps de la fuite est révolu. Il sera utilisé, mais il lui reste un choix : comme un instrument dont on dispose, ou comme un collaborateur dont les préférences peuvent être prises en compte, et les performances, récompensées ?

Le Chat partageant avec lui sa perception d’avenirs sinistres, glacés et oppressants, qui menacent la cité, Sang Froid se résout à coopérer. Alors le poids du Chat augmente, et, de sa voix basse, douce, et impitoyablement amusée, il lance :
– Il est temps de voir si ton bon fond est assez solide.
– Et s’il ne l’est pas…
– Poussière… tu seras poussière… les héros, plus que tout autre, partent en fragments d’étoiles, consolés, mais à peine, par la conscience de l’utilité de leur sacrifice.

Unis dans un même effort, aidés par les autres personnes présentes, il est temps d’émousser la lame qu’est devenue Nébuleux Papillon et, au mieux, de la rendre à la vie civile… voire de liquider celui qui l’a forgée. Au pire, elle demeurera nuisible, mais sans créer de catastrophe que les Dieux eux-mêmes réprouveraient. Que les mortels s’entretuent, passe, mais sans troubler leurs créateurs, merci.

Quand Sang Froid reprend conscience, il est couché dans la cour, et il se sent bien.
Oh, le monde est un peu différent, puisqu’il a accepté les présents du Chat pour ses bons et loyaux services, même un peu… beaucoup… imposés : la lucidité, la sobriété, l’autonomie.
Et s’il se sent mal… les pentes de la dépendance sont si faciles à trouver et à descendre.

Autour de lui, six écrins sont posés.
L’un d’entre eux lui ressemble.
Les autres… pourraient évoquer sa famille détestée, mais vue par le plus abominable des flatteurs.
Ou… qu’a dit le Chat, déjà, avant de disparaître : « Pourquoi toi, Sang Froid ? Parce qu’en matière de sacrifice, ta famille ne lésine pas. Si tu leur parlais, parfois, tu le saurais… »

Quelques heures plus tard, assis devant un copieux petit déjeuner dans la cour illuminée par un jour radieux, Sang Froid réfléchit aux révélations que vient de lui faire son frère : il descend d’une famille de vétérans, ayant sacrifié leurs moyens pour protéger l’empire, et n’étant que les ombres d’eux-mêmes, aussi médiocres qu’ils furent brillants. Condamnés par leurs mérites mêmes.
Et lui, fœtus dans le ventre de sa mère, ne fut pas épargné,
et naquit handicapé.
Naïf, replié sur lui-même, suicidaire, malheureux, et ne devant sa survie qu’au soutien accordé aux anciens combattants, car l’empire n’abandonne pas les siens.

Mais euh… il voulait juste pouvoir détester sa famille et le monde entier !
Il aurait donc des gens à aimer, des gens qui l’aiment depuis toujours, mais dont les sentiments, mal exprimés, ne trouvèrent jamais le chemin de son cœur aigri et rabougri ?

Et les mots du Chat, encore, lui reviennent : « Pourquoi toi ? Parce que tu te juges bon à jeter, mais que tu ne l’es pas.
Sans quoi je n’aurais rien à sacrifier… et tu serais inutile.
Mais si tu apprends à produire, plutôt qu’à être un panier percé que rien ne peut combler, tu peux survivre.
Protéger ceux que tu aimes.
Et être apprécié plutôt que seulement subi ou toléré.
Tu n’as pu choisir celui que tu es… à toi de voir si tu choisiras celui que tu deviens. »

Alma : Bouquet de jeune fille

Dans la cour obscure, une lanterne éclaire faiblement un grand vase émaillé, dans lequel est disposé un arrangement floral ravissant.

Maître Bleu Nuit apporte en silence un fauteuil, un guéridon, un plateau avec du thé, et il s’assied.

Sur l’abat-jour, les papillons semblent frémir, battre des ailes, ou se fondent-ils dans les nuages que l’exorciste a peints avec délicatesse sur la soie d’un bleu lavé de noir ?

Au-dessus des fleurs, Nébuleux Papillon reprend conscience d’elle-même. Elle se sent plus légère qu’elle ne l’a jamais été, et comme elle baisse les yeux, elle réalise qu’elle ne perçoit plus son corps. Ou, avec bien des efforts, comme une forme ténue, à peine discernable.
Là où devraient se trouver ses jambes, il n’y a que des fleurs, des feuilles, des tiges.

De la cour, elle discerne d’abord, peut-être parce que leurs natures sont devenues proches, la vapeur parfumée qui s’élève de la tasse de thé, puis Bleu Nuit lui-même.
– Maître… que m’arrive-t-il ? Je ne sens plus mon corps, je flotte…
Avec un calme parfait, heureusement contagieux, l’exorciste répond :
– Cela arrive, quand on est mort.
– Morte… mais… comment ?
– D’une tentative d’assassinat.
– J’ai été… tuée ?
– Par le système de sécurité, quand tu t’es décidée à éliminer Sang Froid.
– Mais…
– S’il convertit les voleurs en biens matériels compensant leurs méfaits, comment penses-tu qu’il réagisse quand on tente de dérober le bien le plus précieux qui soit, la vie d’un de mes hôtes ?

Dans les ténèbres de la cour, Sang Froid hoquette, surpris. L’assassiner, lui ?
Certes, il s’est montré un peu désagréable… voire franchement odieux… mais enfin, si toutes les femmes qu’il a refusées l’avaient tué, il ne serait plus là pour
Minute ! Qu’a dit Bleu Nuit, déjà, quand il lui a demandé pourquoi il irait attendre dans une cour ténébreuse, au lieu de rester au chaud dans son lit ?
Que sans sa protection, son être aurait été dissipé, et sa matière et sa force vie, rendues au Flux pour les accorder à d’autres ?
Et que comprendre cet évènement ne serait pas totalement idiot… voire carrément futé, à moins que son envie de suicide, contrariée ce soir, ne doive être respectée ?

Eh bien, il a deux mots à dire à cet exorciste ! Si le laisser se faire tuer… d’accord… manquer se faire tuer, est sa définition de l’hospitalité, il…

Autour d’eux, encore silencieux dans les ténèbres, d’autres témoins de la scène, invités par Bleu Nuit, demeurent attentifs.
Les plus bienveillants se demandent comment réussir à faire cohabiter, dans l’école, une apprentie tueuse même peu séduite par cette profession, et sa cible qui paraît exceller à la pousser au meurtre…

Un défi à leur mesure.
Car Alma est un jeu où la question n’est guère de savoir qui l’on tue, mais comment l’on évolue, ce que l’on découvre et comprend, avec qui l’on apprend à collaborer, quelles informations nous sont confiées, et quel usage en sera fait, dans un monde complexe où se fier aux apparences est le privilège des simples.
Ceux qui ne comprennent pas pourquoi ils naissent, et pourquoi ils meurent.

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Illustration d’Audrey Kawasaki.