Alma – Des os de porcelaine

Résumé de la partie du 28.01.2020

À la mention du Double Serpent Temporel, Ruisseau Turquoise propose à son client, Rigueur Abrupte, un départ immédiat.
Elle est chargée de sa sécurité, pas de concourir pour le prix de la veuve la plus éplorée.
Mais il préfère rester, dans l’espoir que ses proches disparus pourront être ressuscités, ou, à défaut, pour contribuer à réunir la famille de Sang Froid, et les savoir heureux.

Reste donc à trouver comment contacter les serpents et, surtout, comment les faire coopérer.

Celle qui les porte sur son front, Bleu Matin, est consciente de n’avoir aucun contrôle sur eux.
Elle a d’ailleurs renoncé à les utiliser, même comme jolis motifs formant des bijoux d’or et d’argent sur son corps.
Elle préfère se consacrer à préparer sa future vie d’épouse épanouie, fleurir son autel au Dieu Bleu Ciel et le prier de lui accorder le mari dont elle rêve.
Elle appréciait, certes, les prouesses acrobatiques rendues possibles par les serpents, mais son chéri étant prof d’éducation physique, elle compte faire tout aussi bien avec ses propres muscles patiemment développés. Et avec beaucoup moins d’effets de bord.

Mais si ses serpents peuvent être utiles à son bon maître et à ses nouveaux amis, elle coopère, toujours aussi serviable… à eux de trouver comment contacter les serpents, qui ne se sont pas manifestés depuis quatre ans (au grand soulagement des habitants de l’école, même si maître Bleu Nuit, le prudent directeur des lieux, soupçonne que les serpents sont simplement devenus plus discrets. Socialiser les nouveaux venus, c’est bien, mais cela n’en fait pas des amis, seulement, peut-être, des ennemis plus habiles à manœuvrer dans l’ombre).

Et à eux de trouver comment les convaincre de les aider.

Belle Envolée, très résolue, mobilise sa colère, et se campe face à la chaise où la délicate Bleu Matin est élégamment assise, mais Rincevent toussote :

– La colère ne sert à rien. Ce ne sont pas des Chimères qui désirent jouer avec un exorciste et apprécier son style singulier.

Elle le considère, étonnée :

– Alors, que sont-ils ?

Toutes les personnes présentes se sentant plus inquiètes après cette question, la réponse est remise à des jours meilleurs.

Ruisseau Turquoise signale qu’elle ne peut pas garantir leur sécurité s’ils ne sont pas plus prudents. Elle préfère les tuer tous, sauf son client et son collègue, bien sûr, que mourir de leur stupidité.
À défaut de cette solution simple, elle demande à Bleu Nuit des échantillons de tous les thés que ses élèves lui ont offerts au fil des ans, et les tasses également, ces trésors d’unicité et de diversité choisis pour lui plaire.

Elle assortit thés et tasses, et les dispose, un à un, avec une précision méticuleuse, autour de Bleu Matin et de tous ceux qui espèrent contacter ses serpents. Quand elle a fini, le sol change, un gris de plomb, lisse, sourd, et sinistre, remplaçant en grandes volutes la beauté des dalles de pierre, puis le bord des tasses givre. Tous les mages ritualistes présents se savent entourés d’une enceinte protectrice, basée sur une magie plus sombre que la leur, qui les oppresse autant qu’elle les défend.

La garde du corps laisse tomber :

– Mieux vaut verser du thé que du sang, briser des tasses que vos os. Si je vous ai bien compris, maître Bleu Nuit, vos amis présents ont plus de valeur que les présents de vos amis passés ?

Rien n’est moins sûr, mais la bonté oblige parfois à quelques sacrifices.

Dès lors, avec prudence, l’on tente de contacter les serpents ; dans les tasses, l’eau des thés frémit, comme si des forces nocives étaient déviées vers elle, y produisant de minuscules tempêtes qui font vaciller les fragiles récipients, qui luttent pour tenir bon.

Les serpents paraissent incroyablement lointains, leurs mots viennent en échos déformés, réverbérés par d’invisibles falaises, déviés par des gouffres. Mais peu à peu, avec obstination, ils se rapprochent, et finissent par devenir compréhensibles. Sur le front de Bleu Matin, les écailles d’or et d’argent paraissent miroiter, leurs positions devenant mouvantes.

Tout au long du dialogue, les participants au rituel se savent menacés, et se protègent en se dissociant en partie de leurs actes ; ils sont présents, mais si peu ; impliqués, mais innocents. Et cette absence délibérée, ce regard en biais sur la réalité, les protègent.

Jusqu’à ce qu’une interrogation trop directe brise net plusieurs tasses.

Beauté Glacée, le second garde du corps, dégaine et tranche en deux l’imprudent, du sommet du crâne à l’entrejambe, puis il jette la moitié du corps au-delà du cercle protecteur.

Comme les forces invisibles se repaissent de ce leurre, il utilise les os de l’autre moitié pour restaurer les tasses et en créer de nouvelles, et le sang versé pour compléter le thé.

Il complète le motif protecteur de cabochons dont le ton caramel rappelle ses yeux, mais aussi une fournaise dans laquelle liquéfier ce qui le dérangerait. Il agit avec rapidité et fluidité, si prompt qu’il parait se glisser dans les angles morts du réel, et ne laisser aucun sillage qui pourrait mener à lui.

Les autres personnes présentes, elles, se réfugient dans une absence qui confine à l’inexistence volontaire : Rêve du Néant se fait monolithe, sombrant dans la minéralité inconsciente ; Haut Neur, dont les ailes de cygne sont traitées d’ailes de poulet par son camarade Rincevent, présentement coupé en deux, hésite à se faire platane, puis, ironique, décide que c’est le moment ou jamais de faire poulet.

Quand il revient à lui, son visage est certes barbouillé du sang et des chairs de son ami, mais les poulets picorent les asticots, c’est bien connu.

Avec douceur, les guérisseurs présents l’écartent du demi-cadavre mutilé, et rendent à l’imprudent son intégrité. La mort lui a évité de voir l’autre moitié de son corps corrompue, détruite, par les forces venues le dévorer.

Quant aux serpents, ils acceptent de prendre en pitié la famille de Sang Froid, mais ne peuvent le faire seuls ; ils ont besoin de l’aide de trois Chimères des Brumes, arrivées bien avant eux dans le terroir, et qui serviront de piliers pour les ancrer pendant qu’ils déploieront leurs anneaux pour manipuler le Temps.

Pendant leur exposé, Bleu Nuit sifflote entre ses dents, un son curieusement oscillant, comme s’il se mettait en phase avec eux, tentant de déterminer s’ils lui mentent ou pas.
Mais même s’il se pense manipulé, il ne voit pas d’autre solution.

Une nouvelle fois, Ruisseau Turquoise propose de quitter les lieux. Mais Rigueur Abrupte demande des précisions sur ces Chimères des Brumes, que Bleu Nuit fournit volontiers, et le militant arrive à la conclusion qu’il s’agit probablement d’une minorité opprimée qu’il sera ravi de rencontrer et d’assister dans la mesure de ses moyens.

Ruisseau Turquoise ayant elle-même échappé à une tyrannie, ne se sent-elle pas de points communs avec ces Chimères ? Elle considère son client – et amant – avec un mélange d’incrédulité et de compassion, hésitant à le dessiller. Puis elle renonce, car cet idiot a probablement raison : elle change, à son contact. Mais peut-être cette empathie est-elle le prix de son séjour en surface, loin des terres glacées de sa sombre maîtresse ; ou, au contraire, est-ce une vengeance raffinée, l’amener à mourir pour autrui alors qu’elle a enfin atteint un paradis ?

Bleu Nuit lui sourit :

– La seule certitude, c’est…

– …l’incertitude, je sais. Et le bonheur déjà vécu, même si c’est la mauvaise habitude que j’aie le plus vite prise.

Reste donc à trouver comment accueillir les trois Chimères des Brumes, de préférence discrètement, car elles posent de tels problèmes de voisinage que faire partie de leurs fréquentations n’est pas conseillé. Certains pensent qu’elles sont des renégates ayant désobéi à leur créateur, le Dieu du Rêve ; et au moins une société secrète se consacre à les éradiquer, les considérant comme des démons.

Bleu Nuit, lui, considère que la violence appelle la violence, l’agression la vengeance, et qu’il n’a jamais eu de problème avec elles. Enfin, pas de problème grave. D’accord, pas de problème insurmontable. Et certes, sa préférence pour la liberté l’amène peut-être à leur trouver des excuses.

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Illustration de Steve Delamare sur deviant art

Dr Who RPG – Le Moteur Spectral

Résumé-teaser de la partie du 25.01.2020.

Notre histoire débute dans un café de Camden, dans le nord de Londres. Nous sommes en été 2013 et Clara Oswald (une simple Terrienne), déguste un café-latte citrouille en terrasse, lorsqu’elle entend un bruit familier… celui du TARDIS ! Le vaisseau/machine à voyager dans le temps de son ami le Docteur !
Et le voici souriant face à elle : le 12e docteur en personne.

Les deux comparses se rendent vite compte que deux élèves de Clara sont portés disparus : Heather et Simon.
En laissant trainer leurs oreilles auprès des jeunes aux alentours, ils comprennent que Simon est passionné par les graffitis.
Après avoir écumé ses comptes sur les réseaux sociaux, ils découvrent le lieu où se rendait Simon : un ancien tunnel du quartier de Marnock où se trouve un superbe graffiti représentant un train à vapeur.

Ils aperçoivent Simon près d’une pièce de technologie qui semble non-humaine !
Le docteur l’active par erreur avec tournevis sonique et… oups Simon se volatilise !
Ils se rendent plus près de la pièce incrustée dans le mur qui semble être un déphaseur de technologie Médorine, une ancienne race de pacifistes.

Le docteur essaie de la scanner et l’active à nouveau, par erreur…
Nos héros sont transportés au même endroit, mais de nuit et en hiver…
Aucune trace du déphaseur ou du tag.
Ils voient arriver face à eux une petite fille en guenille qui vend des cigarettes… Après avoir essayé d’aider la pauvre orpheline sans grand succès avec des bâtons de poissons qui trainaient dans la veste du docteur, ils sont pris à partie et menacés par le « protecteur » des orphelins du quartier, Mr Rook.

La seconde partie de notre aventure débute en 1889 à Londres au quartier Général du « Paternoster Gang » composé de Madame Vastra, enquêtrice Silurienne de génie (une reptilienne, en gros), son épouse et assistante Jenny, une jeune humaine sans histoire (bien qu’un peu ninja sur les bords) et Strax, un clone de guerre Santorien, désormais valet et infirmier du gang.

L’inspecteur Pearl de Scotland Yard vient rendre visite en toute hâte au gang afin d’avoir de l’aide, car des corps atrocement mutilés ont été retrouvés près du chantier du chemin de fer « Le Grand Compas », propriété du mystérieux Sir Arnold Heath.
À son insu, l’inspecteur est suivi par une créature monstrueuse, mise en fuite par Strax et Madame Vastra.

Ils se rendent sur le site des disparitions, et tombent sur leurs vieux amis Clara et le Docteur menacés par un homme armé… ! Mais que font-ils là ??

***

Ceci correspond aux 20 premières minutes de la soirée. Vous voulez connaitre la suite ? Il suffit de contacter David afin d’organiser une partie !
Pour cela, utilisez le formulaire de contact du club :

Alma – Des ailes de ténèbres

Grâce à l’aide de Bleu Nuit, de ses disciples, et de Çamdar, le Seigneur des Illusions, Sang Froid a pu renouer avec les siens, guérir ses parents.

Il a aussi réalisé qu’il n’avait pas eu qu’une sœur jumelle, mais qu’ils avaient été des triplés.

Mais, lors du sacrifice de sa mère pour servir l’empire, l’un des trois embryons qu’elle portait fut tué ; en tentant de se raccrocher à la vie, il faillit emporter avec lui Sang Froid, qui se coupa de lui comme de tout autre, y compris sa mère et sa sœur.

Et les pendentifs offerts par Çamdar semblent permettre de ressusciter le petit disparu… joints à un effort conséquent des mortels concernés.

Première étape, se demander comment s’y prendre.

Mais maître Bleu Nuit consulte du regard le médecin de famille venu de la capitale, ainsi que les quelques hauts fonctionnaires présents, à commencer par Vénielle et Clairs Horizons, les deux moitiés d’Incandescence, l’Homme Mi-Parti qui dirigeait le pays à l’époque du coup d’état préparé par Florissant Émoi.

Puis il toussote :

– Il faudrait d’abord se demander s’il est pertinent de faire revenir cet enfant. Pour les siens, et pour l’empire.

Il explique que, lors du sacrifice, il se trouvait à Trois-Ponts, et assistait à la démonstration de puissance de Florissant Émoi, capable de ramener une cité dans le giron de l’empire, en manipulant le système de pensée des citoyens avec une aisance écrasante.

Il a senti le moment où un socle de glace noire paraissait remonter des profondeurs pour soutenir le politicien, la glace même que Çamdar semble avoir contrée en utilisant Sang Froid.

Comme en réponse au sol gelé et noirci, du ciel descendait un manteau de plumes noires, les ailes d’un rapace gigantesque tournoyant sur l’empire entier, une armée d’ombre, venu s’offrir au futur souverain.

Entre ces deux puissances, l’esprit de Florissant Émoi plongeait dans une frénésie écarlate, une envie de disposer de tout ce qui l’entourait, de saigner alliés comme ennemis sur l’autel de sa propre puissance. Le politicien sentait le sacrifice consenti pour le contrer, et celui-ci l’excitait, lui donnant envie d’attaquer, de déchiqueter les restes des héros affaiblis, de trôner sur une pyramide de cadavres, de déchirer le monde comme un fruit trop mûr, comme un corps trop tendre, comme une outre qui ne demande qu’à crever pour l’abreuver de vin sombre.

Bleu Nuit était horrifié et dépassé mais, à son grand soulagement, le politicien réalisa qu’il n’était pas son propre maître, mais servait une puissance inconnue qui lui paraissait pire qu’il ne souhaitait le devenir. Il refusa ces présents, renonça au trône, et choisit l’exil, même s’il devait en mourir.

L’exorciste ne réalisa que plus tard que ces plumes noires, ce duvet de nuit, étaient les âmes de myriades d’enfants tués lors du sacrifice destiné à contrer Florissant Émoi.

Car Sang Froid, sa sœur, et leur triplé, n’étaient pas les seuls cas de grossesse multiple survenus dans l’empire à cette époque, alors qu’elles sont très rares : Alma n’apprécie pas la surpopulation, et élimine les parents qui tentent d’avoir plus d’enfants qu’elle ne le tolère.

Ceux qui les avaient remarquées les avaient expliquées par la possibilité d’une guerre civile, Alma permettant la naissance de suffisamment d’enfants pour équilibrer les tués du conflit. Elle eût certainement pu éviter la guerre, mais puisque les mortels tiennent à la divertir, et à lui offrir le plaisir de découvrir de nouveaux venus sans pourtant grouiller… pourquoi se priver ?

On pourrait donc supposer que les puissances qui manipulaient Florissant Émoi à son insu l’avaient utilisé pour créer des enfants surnuméraires, qu’ils avaient collectés lors du sacrifice, et dont ils avaient formé cette noire immensité mouvante, déployée dans les cieux de l’empire. Une nuit bruissante, demeurée invisible depuis.

L’enfant tant regretté serait donc issu d’inconnus, et peut-être dangereux. Mais sa famille, et en particulier sa mère, rappellent que malgré son origine, il fut aimé, et l’est toujours. Si son petit fut intégré de force dans une armée, et y souffre, elle ne compte pas l’y laisser.

D’autre part, Vénielle et Clairs Printemps rappellent que certains des sacrifiés ne peuvent être soignés, ni ressuscités, car que leur abaissement, ou leur mort, scelle l’exil de Florissant Émoi hors de l’empire. Les ramener serait lui rouvrir l’accès au pays.

Mais tous sont d’accord d’essayer de sauver le petit disparu, du moins tant qu’ils ne pensent pas prendre des risques trop démesurés. Ils conviennent également de ne pas demander d’autorisation, car ils sont certains que le pouvoir en place privilégiera la sécurité de l’empire plutôt que la qualité de vie d’un enfant… ou même de milliers d’entre eux.
Ils ont aussi l’impression que, s’ils peuvent survivre au sauvetage d’un unique disparu, tenter de contrer le manteau de ténèbres dans sa totalité serait suicidaire.

Ils agiront donc depuis Trois-Ponts, puisque Bleu Nuit et Linéaire sont responsables de deux aspects de la sécurité publique, et que le ministère de la Paix Publique a pour ministre adjoint un ami de Rigueur Abrupte. Un bel exemple de la liberté possible en province, qui laisse songeur Modestes Appétits, le frère aîné de Sang Froid, quant au pouvoir réel de la capitale sur l’empire.

Reste à trouver comment sauver l’enfant.

La famille réunie somme ses souvenirs, et tente de le localiser en utilisant les liens qui unissent tous les vivants, d’autant plus fortement qu’ils sont proches, et désireux de se réunir. Mais leur mémoire est imparfaite, et il demeure imperceptible – s’il existe encore, ou s’il n’a pas trop changé en intégrant le manteau de nuit.

S’il était présent parmi les plumes noires, Bleu Nuit l’a probablement perçu, mais ses souvenirs ne sont pas assez précis.

C’est alors que le petit Sable Argent s’exclame :

– On n’a qu’à demander aux deux serpents, alors !

Une affirmation énigmatique pour tous les étrangers à l’école, mais la référence n’est que trop claire pour tous les autres : les deux serpents qui ornent le front de leur camarade Bleu Matin ? Ceux qui ont semé un tel désordre lors de leur arrivée à l’école, et qui paraissent sans effet depuis quatre ans, ou qui sont simplement devenus plus habiles ?

Ceux dont Bleu Nuit, devin, pressentait que leur présence serait source de grands risques, mais aussi de grands bienfaits ?

Ceux qui semblent se jouer du temps ? Ils permettraient, en effet, d’aller récupérer l’enfant… non, de mourir en essayant, signale leur instinct de survie. Alors, d’aller le percevoir précisément ? Cela paraît jouable.

Si ce n’est que Ruisseau Turquoise, garde du corps de Rigueur Abrupte, repose sur la table son verre dont le contenu a soudain gelé, prend le bras de son client, et signale qu’ils s’en vont. Maintenant. Beauté Glacée, son collègue, la regarde d’un air intrigué, car il la sait aussi froide qu’intrépide.

Or les PJ soupçonnent que la jeune femme est une Chimère Noire, issue des profondeurs, et qu’elle en sait beaucoup plus qu’eux sur certains des secrets de l’empire. Elle est puissante, dangereuse, capable de trahir la maîtresse de la Glace Noire qui siège dans les entrailles de la planète, mais ne compte pas rester ? Comme c’est rassurant !

D’un autre côté, son absence est peut-être une bonne nouvelle ; après tout, n’a-t-elle pas manifesté son amour à Rigueur Abrupte en veillant à ce que sa famille et sa fiancée soient tuées, afin qu’elle puisse demeurer seule pour le réconforter, et gagner enfin son cœur ? Mieux vaudrait peut-être que la famille de Sang Froid ne fasse pas partie des pions qu’elle s’autorise à jouer…

Alma – L’espérance récompensée

Sang Froid et son frère sont réunis, et étudient les écrins laissés par Çamdar.

Bleu Nuit pense qu’il faut assembler la famille avant d’espérer s’en servir, sous peine d’un gaspillage que le Seigneur de l’Illusion n’empêchera pas ; si les mortels tiennent à galvauder ses dons, ainsi soient-ils : pathétiques.

Sang Froid est bien placé pour savoir que Çamdar peut tirer n’importe quel mortel de sa médiocrité ; il pourrait donc restaurer ses parents demeurés mutilés après leur sacrifice.

Avec un soupir, il accepte donc de les rencontrer, et même sa sœur, puisqu’elle est indispensable.

Il pense disposer d’un délai pour se préparer à ces pénibles retrouvailles, mais son frère lui signale que leurs parents sont déjà en ville : sa mère était si heureuse qu’il ait demandé à le voir qu’elle a fait le déplacement, certaine que tout s’arrangerait. Quand on s’appelait Fière Espérance, est-ce vraiment surprenant ?

Les petits exorcistes peuvent donc découvrir les parents de Sang Froid, qui arrivent assistés par des serviteurs, ce que leur fils avait toujours vu comme un luxe, mais qui est en fait une nécessité pour deux invalides, dont la seule capacité brillante reste d’être insatisfaisants, déplacés et pitoyables. Insupportable, considère leur fils ; pittoresques, jugent ses camarades, habitués à tolérer leurs condisciples souvent perturbés. Mais ils compatissent néanmoins.

Quand à Belle Envolée, sa brillante sœur, elle apparaît au sein d’un pentacle, venue de la capitale. Elle entreprend d’emblée de démontrer sa supériorité sur Bleu Nuit, ce provincial surestimé. Le maître, avec une politesse glacée, s’incline et :

– Veuillez me pardonner, mademoiselle, mes invités usuels étant polis, je n’ai pas prévu de caisse à chat. Je vous serais fort reconnaissant, si vous comptiez semer votre merde, de la conserver plutôt dans votre culotte.

Sang Froid tente de camoufler sa joie, et de modérer son maître, conscient qu’en matière de diplomatie, Bleu Nuit paraît pouvoir faire pire que lui. Mais l’exorciste le rassure : chacun doit trouver la place qui lui convient, avant de pouvoir coopérer harmonieusement.

Belle Envolée prétend ne pas s’étonner du manque de courtoisie du chef des bouseux, et entreprend de mobiliser sa puissance, sa colère, ses expériences de vie négatives, pour l’écraser.

Avec une sublime nonchalance, Bleu Nuit rassemble ce qui paraît un échantillon minime de ses propres ressources, puisant non seulement dans son passé bien plus sombre que celui de sa jeune et naïve rivale, mais dans les vies les plus torturées des habitants du terroir dont il est responsable. Il assume leur souffrance au quotidien, et ne semble pas devoir vaciller de les sommer ainsi en une arme de dévastation psychique.

Ses disciples se protègent, conscients que les ténèbres que peut rassembler leur maître sont bien trop terribles pour eux.

Belle Envolée, avec sagesse, préfère s’incliner, et prend mentalement note que la réputation négative de Bleu Nuit est peut-être erronée. Un mystère à résoudre.

Elle se révèle une jeune fille sensible, heureuse que ses parents puissent être soignés, et prête à prendre les risques éventuels sur elle, si ce n’est que ses frères y sont tout aussi décidés.

Heureusement, il semble qu’il n’y ait en réalité pas de piège, et le couple, utilisant leurs uniquement leurs propres écrins, retrouve ses moyens, et la famille peut se réunir, pour la première fois depuis dix-huit ans.

Reste donc une question : pourquoi Çamdar a-t-il offert six écrins, et six pendentifs, à une famille composée de six membres ?

Puisque Sang Froid semble décidé à regarder le passé en face : parce que sa sœur et lui n’étaient pas des jumeaux, mais des triplés. Et, lors du sacrifice, leur triplé fut tué.

Unis et enthousiastes, ils décident donc de tout faire pour ressusciter l’enfant perdu.

Sauf qu’un des petits exorcistes, chargé de la réception, annonce un visiteur qui paraît perplexe, l’air de ne pas vraiment savoir pourquoi il devrait être là. C’est un ami de Bleu Nuit, Rigueur Abrupte, connu pour ses activités en faveur des plus démunis.

Lui succèdent Linéaire, le grand prêtre du temple des Nuits Cendrées, responsable de la sécurité religieuse dans la cité, qui soutient un très vieil homme, Printemps Fugace, qui paraît sur le point d’être dissipé par la plus légère brise, tant il est âgé et fragile.

En le voyant, les parents de Sang Froid hésitent, comme s’ils peinaient à l’identifier, puis exécutent la plus respectueuse des révérences de cour : ils ont reconnu le souverain qui se sacrifia avec eux pour éviter un coup d’état, et abdiqua une fois affaibli.

Ils sont heureux qu’il ait survécu, désolés qu’il soit si faible, et leurs retrouvailles sont touchantes, pour ceux qui le connaissaient comme pour les autres, car le vieil homme, avec une courtoisie exquise, a amené des présents pour ses hôtes, choisis avec justesse.

Entre alors une femme énergique, portant sur ses épaules une pyramide de petits exorcistes bien incapables d’une telle prouesse acrobatique sans son aide ; celui du sommet se laisse choir au sol, et, rendu élastique par sa porteuse, lui permet de dribbler et de faire un panier en le déposant dans une fenêtre à l’étage.

Roseau Bleu, professeur d’éducation physique à l’école, admire sa détente.

Elle se présente comme Vénielle, et décline aimablement la révérence qui devrait l’accueillir elle aussi, puisqu’elle est l’autre moitié du souverain. S’il ne résultait pas de la fusion de deux mortels, et de l’ajout de puissance divine par Mens et Alma, les dieux présents dans leur pays, comment pourrait-il espérer être efficace dans un pays aussi complexe et désordonné, hébergeant des citoyens plus puissants que lui ?

Elle paraît protectrice à l’égard de Printemps Fugace, tout en étant beaucoup moins diplomate et surtout beaucoup moins usée, car il l’a protégée de son mieux durant le sacrifice, ce qu’elle ne lui avait pas demandé, mais s’il avait besoin de cela pour faire son devoir… elle ne se plaint pas de sa vie actuelle.

Printemps Fugace se tourne alors vers Rigueur Abrupte, et lui tend avec respect une écharpe blanche, délicatement brodée de fleurs immaculées : une demande d’audience destinée à avouer un tort.

 Car le coup d’état n’a pas pu être contré par les seuls sacrifiés volontaires ; le rituel destiné à affecter Florissant Émoi, le futur maître de l’empire, demandait aussi d’impliquer certains innocents, inconscients d’être utilisés, sans lien détectable avec l’administration.

En particulier Rigueur Abrupte, alors appelé Promesse de l’Aube, qui avait réussi à modifier le système social de sa cité afin que l’égalité et la qualité de vie y deviennent possibles, un exploit dans une civilisation où l’inégalité et le mésusage des faibles amusent les dieux, car ils sont bien plus pittoresques que le bonheur généralisé.

Avec un mélange de dignité et de chagrin, le militant apprend que Linéaire, un ami cher, l’a identifié comme utile et proposé à l’administration impériale, puis a continué à l’aider dans son amélioration de la cité, car la dévastation de son œuvre et la mort des siens seraient utilisées pour dessiller les partisans de Florissant Émoi, et lui faire perdre tout soutien, sa dangerosité réelle étant enfin révélée.

Rigueur Abrupte est capable d’accepter que c’était la moins mauvaise des solutions, et de pardonner à Printemps Fugace qui, cet aveu fait, paraît vaciller.

Mais ni Vénielle, ni Sable Argent, un petit exorciste charmé par le vieux monsieur et les présents qu’il lui a faits, ne comptent le perdre. L’enfant, jardinier, réalise qu’il peut conférer au vieil homme une seconde existence, qui pourrait bien être la sienne ; mais il se ressent soudain comme étant lui-même une plante, qui meurt l’hiver venu, et renaît à la belle saison, ayant légèrement changé, s’étant bonifiée peut-être.

Printemps Fugace reçoit avec bonheur ce présent, devenant Clairs Horizons, prêt à voyager et découvrir tous les jardins de l’empire.

Quant à l’enfant, il devrait être mort, tué par ce don inconsidéré… mais il lui semble qu’un lointain bienfaiteur, compatissant, lui accorde un surcroît de vie, en réponse à sa générosité, et aussi parce qu’il dispose de suffisamment d’imbéciles dont il préférerait se passer au moindre prétexte.

D’après les parents de Sang Froid, il s’agirait du Maître des Marées, le premier ministre de l’Empereur d’Écume. Quant à savoir pourquoi il prendrait en pitié l’enfant… parce que le petit Sable Argent est né dans la province où réside toujours l’impératrice, la Reine Fleurie, dont les jardins honorent et apaisent l’empereur en exil sur les flots ?

Ayant servi lui-même pendant un millénaire un maître malheureux, il est bien placé pour être sensible à la fidélité et au dévouement.

D’un autre côté, l’enfant ne connaît pas son papa…

Alma – Une forêt sous les fenêtres

Illustration d’Irina Karkabi

Quand on joue à Alma, on a l’habitude des questions saugrenues.
Ce jour-là, la partie débute ainsi :
– Lequel d’entre vous a le plus grand lit ?

La question s’adresse bien entendu aux personnages, et demande une certaine réflexion, puisque tous les joueurs interprètent un petit exorciste, disciple du célèbre maître Bleu Nuit, lequel permet à chaque élève de disposer d’un mobilier personnalisé, y inclus un lit en forme d’arbre, ou de dalle de granit, ou l’étang pour la grenouille domestique, ou la collection de coffres blindés vides pour une fortune restant à acquérir.

Bleu Nuit leur offre aussi la liberté de devenir eux-mêmes, autant que possible dans le cadre d’une profession qui tient à la fois du psychologue de terrain, de l’urgentiste et de l’art. Autant dire que l’école est riche en enfants légèrement… déjantés.

Réponse : Montagne Naine :
– Je pense que c’est moi… comme je me déforme en dormant, je crois que mes voisins se sont lassés d’avoir mon oreille sur le visage, ou mon pied enroulé autour de la taille.
– Bon ! Alors, ce matin-là, à ton réveil, tu sens quelque chose de tiède blotti contre toi.
– Euh… j’essaie de savoir ce que c’est ?
– Un adorable petit garçon, avec des yeux d’un jaune rosé très pâle, des cheveux clairs qui font penser à de la perle et de l’écume, un teint parfait, des ongles nacrés, et une carnation délicate… il te regarde d’un air un peu anxieux… et ton estomac gargouille.
– C’est normal, c’est le matin, j’ai faim.
– Ça tombe bien, tu as envie de manger ton compagnon de lit. Tu n’as jamais vu quelqu’un d’aussi appétissant.
– Même en vision par Intégration ?
– Sa force de vie est dorée, comme la tienne. Il n’y manque que les touches de couleurs variées que le Rêve laisse en toi. Et puisque tu l’étudies par Intégration, je te signale que ton appétit l’inquiète un peu. Déjà qu’il est plutôt effrayé à la base…

– Je l’ai déjà vu ?
– Jamais.

– Je lui demande ce qu’il fait dans mon lit.
– Il te regarde d’un air surpris et étonné, et te répond : « Ben… tu te souviens plus ? C’est ton tour de m’accueillir dans ton lit. Pourquoi tu fais semblant de pas me connaître ? »

– Je le connais ?
– Jamais vu…

– Mm… il a d’autres trucs bizarres ?
– À part de délicates oreilles pointues ?

Silence soudain à la table. Oreilles pointues ? Ce n’est donc pas un humain, mais un cargue. Et tous les cargues sont plus puissants que les humains. Significativement plus puissants. Alors Montagne Naine enchaîne, cachant son trouble :

– Je suis désolé, je suis encore mal réveillé. Je ne me rappelle même plus ton nom…
– Talindir.

Étant tous des Manesh, habitués à subir la présence envahissante des dieux et de leurs invités surnaturels, les petits PJ conservent leur calme apparent.
Talindir ??? Ce n’est pas du Manesh et, surtout, ce n’est pas un nom commun.
Or, à Inhisaya, leur beau pays, seuls les dieux et les capitales, sacrées, possèdent un nom propre. Donc soit l’enfant blotti dans le lit douillet est un dieu – et la journée va être délicate à gérer – soit c’est un cargue – et la journée va être délicate à gérer.

À ce moment, Calme Agité déboule dans le dortoir, son teint d’un rouge flamboyant et ses cheveux, des frondes de fougères, dressés sur sa tête. Elle est dans un état d’excitation indescriptible qu’elle diffuse bien entendu à tous ses camarades, heureusement habitués à conserver leur calme.

– Les gars, je ne sais pas ce qui m’arrive ! J’ai pris trois centimètres de taille, trente de cheveux, et j’ai ces deux trucs ronds qui m’ont poussé sur la poitrine…

Elle guigne, perplexe, par le col de sa robe, qu’elle maintient écarté.

Bien protégés par leurs boucliers psychiques, ses camarades s’approchent de celle qui, en l’espace d’une nuit, est, disons, devenue une belle plante plutôt qu’une pousse maigrelette ; et ils lui demandent si elle n’aurait pas observé quelque chose pouvant expliquer cette, disons, poussée de croissance quand même un peu étonnante.

Après une intense réflexion canalisée par le calme apporté par ses camarades, Calme Agité se souvient, en ayant quitté le pot dans lequel elle dort debout sur la galerie, avoir enjambé une fillette qui dormait enroulée autour de ses jambes. Y aurait-il un rapport ?

C’est à vérifier. Pendant que certains emmènent le petit Talindir à la cuisine, où il démontre un talent certain pour matérialiser des fruits de mer et autres thons gras qui lui évitent d’être lui-même le petit déjeuner, les autres partent en quête de la fillette.

Elle n’est plus dans le pot, mais elle est aisément trouvée par Intégration, dans la cour qu’elle a modifiée : un cercle d’arbres apparemment âgés de plusieurs siècles entoure une clairière dont l’herbe ondoyante s’orne d’une multitude de corolles qui s’épanouissent dans une lumière dorée.

Au centre, resplendissante sous sa longue chevelure d’un roux flamboyant, l’enfant danse en silence, avec la sensualité d’une femme adulte.

Il serait dommage de la déranger, vraiment. On pourrait plutôt improviser un cours de dessin. Après tout, maître Bleu Nuit enseigne également l’art de l’estampe, un peu de travail pratique ne fait jamais de mal. Et puis, les exorcistes, s’ils veulent rester puissants, sont supposés demeurer chastes. Rien de tel qu’un peu de sublimation des désirs pour y parvenir. Y’a qu’à voir la sublime collection d’estampes érotiques produites par leur maître, dont les plus âgés parlent avec ravissement.

Quand la fillette cesse ses envoûtantes évolutions, elle tourne vers eux ses yeux émeraude, et gambade à leur rencontre avec une joie insouciante et un sourire étincelant. De près, on voit bien ses oreilles pointues, et on n’est pas surpris qu’elle s’appelle Mahail. Cargue n°2, donc.

Alors arrive Instinct Féline, qui dort sous forme de chat sur les poutres de la tour de l’été. Elle n’est pas seule, mais accompagnée d’un troisième enfant aux oreilles pointues, bronzé, gracieux, avec d’extraordinaires longs cheveux noirs qui paraissent des flots dans lesquels nageraient, souplement, des bancs entiers de poissons vivement colorés. Des fleuves de teintes admirables, se mêlant et changeant.
Il paraît joyeux, enthousiaste, et son énergie est contagieuse, pour le moins.
Il dormait dans la tour également, ayant étiré et tressé ses cheveux pour former un hamac.

Lui, c’est Ilandu_Kerana / Inagé, mais vous l’appelez comme vous préférez, de toute manière, c’est lui. Et si vous l’appelez autrement, bah, ce sera lui quand même, donc faites-vous plaisir.

À propos, elle est jolie, votre magie, elle est si peu contrôlée ! Elle est si belle quand elle fait ce qu’elle veut, qu’elle s’éparpille dans tous les sens ! Il adore les débutants, c’est trop bien quand ils font de leur mieux, le résultat est tellement touchant.

À ce stade, parmi les innombrables questions qui hantent les PJ un peu hagards, il y a :
– Mais vous êtes combien ?
– Oh ! Il en manque deux.

Mahail tourne sur elle-même, pointe une direction, et Intégration relaie ses sentiments à l’égard de l’absent : affection, joie, et souvenir satisfait d’ébats que les petits exorcistes n’ont pas encore pratiqués en personne. Absent qui paraît bien accueilli dans… la salle de bains personnelle de Nuit Calme et Velours, deux adolescents adorables et très très chastes ?

Puis elle sourit, charmante :
– L’autre, c’est Lucien. Lui, il a peur de tout. Donc il s’est sûrement caché. Et comme il n’est pas Intégré…

…l’école se scinde en deux groupes et demi :
– ceux qui préparent le petit déjeuner,
– ceux qui fouillent les lieux pour essayer de trouver Lucien,
– et ceux qui restent assis en faisant fonctionner leur cerveau : sur la base de l’absence d’information dont ils disposent sur les nouveaux venus, ils peuvent sûrement deviner où Lucien s’est caché, et se diriger directement vers sa cachette.
Allons, ne médisons pas, ils interrogent Mahail et Ilandu pour tenter de mieux le connaître.

Pendant ce temps, ceux qui cherchent à l’ancienne, en quadrillant l’école :
– Au fait, c’est qui, Lucien ?
– Sais pas. Mais comme il n’est pas supposé être là, on peut pas le manquer, non ?

Et en effet, au fin fond d’un placard réservé au stockage des draps de réserve pour les invités, on finit par retrouver le petit visiteur, pas vraiment rassuré. Mais, quand il sort, c’est encore pire : une énorme chose bleue cache le ciel !
– Euh… ben… non. C’est le ciel.

À ces mots, l’enfant regarde autour de lui, et saute dans le canal le plus proche. Une fois immergé, il paraît un peu plus calme, quoique toujours méfiant, et un dialogue peut se nouer :
– Non, c’est pas le ciel. Le ciel, Dieu le couvre de nuages qui roulent et tourbillonnent, et qui signent sa présence et sa protection. S’il n’y a pas d’eau dans le ciel, c’est qu’on est en enfer. Il n’y a que nos pauvres âmes, et la Poussière, que nulle pluie venue des cieux ne pourra laver.

Après un début de migraine dû à quelques divergences théologiques, pour faire dans le doux euphémisme, les PJ et Lucien concluent qu’un bon croyant ne devrait pas négliger son corps, et que enfer ou pas, mourir de faim ne ferait pas plaisir à Dieu.

Quelle chance ! On va pouvoir enchaîner sur le petit déjeuner, et sur l’enquête : parce que la visite de cinq enfants complètement décalés doit bien avoir une explication… non ?